Et enfin le débat

4 mai 2012

Le débat tant attendu a eu lieu. Ce fameux débat qui devait faire bouger les lignes, révéler que Sarkozy n’avait rien perdu de sa superbe, et démasquer l’inexistence de Hollande. On allait voir ce qu’on allait voir !

Et on a vu. On a vu un président commencer à attaquer nommément son adversaire dès sa présentation. On a vu un candidat sortant sur la défensive, tête rentrée dans les épaules comme une tortue, cherchant l’assentiment des journalistes pour le protéger contre les attaques de son adversaire. On a vu un soi-disant « sauveur de l’Europe » aux abois, recourant à l’invective (« petit calomniateur »), et sombrant dans le crapoteux en sortant une affaire DSK qui se retourna contre lui. On a vu Nicolas Sarkozy rejeter son bilan, ne pas parler de son programme, bref n’être plus qu’une pâle copie d’un prétendant à la magistrature suprême.

On a vu un ancien « Flamby » répondre point par point. On a vu un supposé « nul » maîtrisant ses dossiers, confiant sur ses chiffres, discutant âprement chaque point du bilan du sortant. On a vu un pseudo « indécis » annoncer clairement ses priorités pour établir une République exemplaire. On a vu François Hollande dans l’habit du futur président.

Oh certes, François Hollande n’a pas réussi parfaitement sur tous les points : sur les centres de rétention et le nucléaire, il a été un peu confus. Mais dans l’ensemble, il a montré la pugnacité, la hauteur de vues et la dignité que l’on attend d’un futur président. Il doit être notre futur président.

Ce fut un grand moment pour le militant que je suis : aux côtés d’autres militants et sympathisants, dans les locaux de la fédération PS de la Haute-Garonne, nous avons abondamment twitté pour souligner les formules fortes et les naufrages piteux. Nous avons twitté sous le regard des médias, y compris de la RTBF dont voici le reportage :

Et à la fin de la soirée, nous nous sommes quittés avec un grand sourire sur les lèvres, en attendant de pouvoir laisser éclater notre joie ce dimanche à 20h.

La dynamique du changement

23 avril 2012
François Hollande (source : 20 minutes)

François Hollande (source : 20 minutes)

Le premier tour est tout chaud, pas encore fini de dépouiller, et les premiers résultats sont sans appel : François Hollande a réussi son pari d’impulser une dynamique autour de sa candidature.

Premier enseignement : la dynamique est vraiment à gauche. Près de 45% des électeurs ont choisi de voter à gauche, ce qui est un record historique pour une élection présidentielle. Le second tour devrait donc être favorable à François Hollande. Mais les sondages ne feront pas l’élection, et nous tous militants allons mettre les deux semaines qui viennent à profit pour poursuivre le porte-à-porte et les actions de terrain pour mobiliser encore plus pour le second tour du 6 mai.

Deuxième enseignement : Nicolas Sarkozy est remarquablement désavoué. Jamais président sortant n’était arrivé second en se représentant. Il avait pourtant fait le vide autour de lui, contrairement à Chirac en 2002, et malgré cela il n’atteint pas la première place. 3 Français sur 4 ont voté contre Sarkozy. Quoi d’étonnant : quand même Natacha Polony en arrive à taper sur le programme de Sarkozy qui comporte de nombreuses reprises de son programme de 2007, quand en plus ce programme se limite à 32 propositions dont l’indispensable versement des retraites au premier du mois au lieu du 8, le résultat de ce dimanche 22 avril vient simplement confirmer que les Français ne sont pas dupes de l’essoufflement d’un Sarkozy qui n’a plus de vision pour la France.

Troisième enseignement : l’échec de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité et ses discours et politiques qui ont divisé la France ont dynamisé Marine Le Pen qui réalise le score le plus important du FN aux présidentielles. Il y a certes une partie des électeurs de Marine Le Pen qui l’ont choisie parce qu’ils anticipaient par avance l’échec de Sarkozy, mais c’est plus globalement l’échec de la stratégie de phagocytation du FN par l’UMP qui est révélée par ce score bien trop élevé.

D’autres leçons seront à tirer de ce premier tour. Mais le plus important reste que notre mobilisation à tous est plus que jamais nécessaire. Dimanche 6 mai, François Hollande doit être élu président, pour donner corps au changement et rassembler une France divisée depuis trop longtemps. Le changement, c’est dimanche 6 mai.

Présidentielles : la dernière ligne droite

5 avril 2012

Ainsi donc on nous a vendu le croisement des courbes du premier tour comme étant le signe qu’enfin, la peur changeait de camp. On allait voir ce qu’on allait voir, la remontée de Sarkozy dans les sondages de second tour n’était plus qu’une question de jours, et Hollande allait se retrouver carbonisé. Nous avions eu tort d’être euphoriques.

Nous sommes aujourd’hui à 17 jours du premier tour, même pas trois semaines, et les incantations sarkozystes n’ont pas fait bouger les sondages de second tour. Mais elles ont eu au moins un mérite : celui de remettre en selle ceux d’entre nous qui avaient trop rapidement cru à une victoire facile, assurée, qui s’étaient épanchés dans la presse sur un match plié d’avance.

Aucune élection n’est jouée d’avance, et encore moins l’élection présidentielle que les autres. Beaucoup d’électeurs n’aiment pas qu’on leur présente la victoire de tel ou tel comme déjà acquise. Mais force est de constater que François Hollande est aujourd’hui à un niveau exceptionnel dans les sondages, compte tenu de la présence de 4 autres candidats à gauche (même 5 si on compte l’inexistant Jacques Cheminade) alors que Nicolas Sarkozy n’a que 2 concurrents à droite (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan), et que François Bayrou semble attirer un électorat qui se reportera pour un tiers sur chacun des deux principaux candidats. A quoi est-ce que cela tient ?

Hollande, candidat sérieux

D’abord au remarquable travail entrepris par François Hollande. Passé de Monsieur Petites Blagues au candidat presque trop austère, il a démontré sa volonté farouche d’être notre prochain président. Aux yeux des français, son changement est réel, en accord avec son slogan. Les 60 propositions de son programme sont connues depuis le 26 janvier, les mesures emblématiques ont tout à la fois installé des marqueurs de gauche (60.000 emplois dans l’éducation, 75% pour la tranche supérieure d’impôt des millionnaires) et de crédibilité (déficit à 3% dès 2013, retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2017, effectifs de la fonction publique constants), et son message est resté le même depuis qu’il s’est lancé dans les primaires : la jeunesse, la justice fiscale, la production.

Mais ce qui lui donne cette assise et cette confiance, c’est également cet avertissement, pour nous et pour lui-même, qu’il n’a cessé de marteler : autant Nicolas Sarkozy aura été un mauvais président, autant il saurait être un bon candidat. Force est de constater qu’il a eu raison. Et d’avoir su jauger son adversaire très en amont lui aura permis d’ajuster sa stratégie, réussissant même à passer au travers des tueries toulousaines sans être éclipsé par un Nicolas Sarkozy soudain devenu protecteur de la Nation.

« Le changement, c’est tout le temps » (N. Sarkozy)

Car en face de lui, effectivement, Nicolas Sarkozy montre tout ce que l’on peut faire en basant sa campagne uniquement sur des artifices de communication. Le roi n’est hélas pas nu pour tout le monde : il ne peut pas se vanter de son bilan, qui est catastrophique, il n’a pas de projet, et il veut faire croire aux Français qu’il saura quoi faire pour son prochain mandat puisqu’il a commis toutes ses erreurs pendant ce mandat-ci.

Et voici qu’aujourd’hui il ressort son mantra de 2007 : il a changé. Si Nicolas Sarkozy avait vraiment changé, il n’aurait pas besoin de le dire : cela se verrait, cela se saurait. Au contraire de François Hollande, qui n’a eu qu’à attendre que les journalistes lui demandent pourquoi il avait changé et comment il l’avait fait, Nicolas Sarkozy a cru nécessaire de le signaler. La ficelle de communication est grosse, mais elle n’empêchera pas quelques électeurs de droite d’y croire, car ils acceptent de croire aux mensonges, pourvu qu’ils soient de droite. Ils me rappellent ces spectateurs du film « Le Président » : Georges Frêche y est vu racontant une anecdote larmoyante sur son grand-père, qui émeut le public, et quelques instants après, il révèle que cette anecdote est absolument fausse, faisant rire le même public. Oui, décidément, certains électeurs aiment être pris pour des cons, validant l’élégante formule de Frêche.

Là réside toute la différence entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : l’un compte sur l’intelligence et l’envie de changement et de progrès, l’autre sur le conservatisme, l’aveuglement et l’oubli. Deux France différentes, deux visions distinctes de notre avenir. Et parce que je veux un avenir meilleur, un avenir plein d’espoir, plus que jamais, je voterai François Hollande aux deux tours.

François Hollande : après l’espoir, la confiance

6 février 2012
François Hollande au meeting du Bourget le 22 janvier (Reuters)

François Hollande au meeting du Bourget le 22 janvier (Reuters)

Le souffle des primaires était retombé. Beaucoup de militants se demandaient si la campagne de François Hollande ne patinait pas un peu. Les bons sondages peinaient à masquer que les sondés ne voyaient pas une stature présidentielle dans la personne de François Hollande. Certes, il avait prévenu qu’il allait s’astreindre à une cure de silence jusqu’à la fin 2011, à cause des comptes de temps de parole du CSA. Mais enfin, beaucoup craignaient une normalisation qui tirait sur la banalisation.

La révélation du Bourget

Et puis le meeting du Bourget. 22 janvier 2012. Annoncé à 13h30. Du monde devant les portes dès 12h30. Nécessité d’ouvrir une deuxième salle pour accueillir 25.000 personnes en tout. Grande sobriété : 4 chansons de Yannick Noah, puis le discours de François Hollande.

Une stature véritablement présidentielle. Un discours indéniablement à gauche. Un discours en trois temps : la conception de la présidence de la République, l’aspect personnel (le fameux « fendre l’armure »), et les propositions avec les engagements.

Le choc fut total : l’adversaire UMP était pris au dépourvu, réduit à commenter la présence de Yannick Noah et à ressortir les critiques stéréotypées. Pardi, personne n’attendait les propositions, qui étaient prévues pour le jeudi ! Et l’UMP escomptait que les voeux aux outre-mers de Sarkozy éclipseraient l’entrée en campagne solennelle de François Hollande. Piètre calcul.

L’inquiétude fut balayée. Quel bonheur de lire l’enthousiasme de tous ceux qui doutaient, leur confiance revenue ! Un ami qui avait soutenu Montebourg me dit même qu’il pensait qu’aucun autre candidat à la primaire n’aurait pu faire un discours aussi remarquable.

L’homme présidentiel

Puis la présentation du projet, et surtout le passage dans « Des paroles et des actes ». On annonçait une boucherie : Hollande pulvérisé par Juppé. On a vu, oui.

D’abord François Hollande montrant toute sa détermination, tout le travail accompli pour être à la hauteur de la rencontre avec les Français, toute la hauteur de vue que l’on attend d’un futur président.

Ensuite, François Hollande impassible face à Alain Juppé. Un Juppé à la peine pour défendre le bilan calamiteux de Sarkozy, un Juppé qui perd ses nerfs quand Hollande le renvoie à son échec face à Merkel, un Juppé revenu à son arrogance. François Hollande, avec calme et détermination, renvoie Juppé à son bilan, expose ses priorités, ses choix, et en arrive à faire dire à Juppé « on verra ce que vous ferez » : la défaite a déjà été intégrée côté Juppé.

Sarkozy qui rame

Face à la révélation Hollande, à ce rouleau-compresseur qui a dominé l’agenda médiatique par sa rigueur, sa préparation, sa stature, Sarkozy a tenté de réagir. En montant lui-même au créneau, puis en envoyant Fillon. Double échec.

L’interview de Sarkozy était pour le moins surréaliste. Dans la « salle des fêtes » (jeu de mots involontaire ?) de l’Elysée, étalant ses riches tentures et ses dorures en pleine période de crise et de chômage endémique, Sarkozy apparut petit et isolé. 4 journalistes, et pas des plus féroces1, pour un président en fin de course, et qui flairant l’odeur de la défaite ont pour certains osé des relances ! Un Sarkozy qui faisait président avant son élection en 2007 et dont aujourd’hui tous les tics sont revenus, comme pour démontrer que l’homme a perdu toute maîtrise de soi, allant même jusqu’à apostropher agressivement ses interviewers. Un Sarkozy qui présente la TVA sociale comme ne créant pas d’inflation, mais la mettant en oeuvre en octobre seulement pour créer un surcroît de consommation d’ici là, et ne voyant pas là de contradiction. Un Sarkozy considérant que le plus important, c’est la décision, et pas l’action : remarquable résumé de 5 ans d’agitation et d’inaction. Bref, l’impression d’assister à un hara-kiri en direct, la dimension honorable en moins.

Quant à Fillon, égal à lui-même : survivant du 19ème siècle, notaire balzacien au ton compassé, défendant son bilan sans grande conviction, et s’enfermant dans un débat d’expert avec Martine Aubry. Laquelle l’a mis sérieusement en difficulté avec sa dernière question sur les discours de Dakar et de Grenoble, en l’obligeant à se solidariser de la position réactionnaire de Sarkozy. Bref, Fillon n’est que la courroie de transmission de la faillite sarkozyste, et sa présence à la télévision n’aura rien amené à Sarkozy.

Un camp conservateur en plein désarroi autour de son roi nu, un leader progressiste qui se montre aujourd’hui pleinement prêt à assumer la plus haute charge de la République : la peur a changé de camp, et à gauche, l’espoir fait maintenant place à la confiance et à la détermination. Le mois de mai 2012 s’annonce radieux pour la France.

  1. Laurent Delahousse avait même un exemplaire du « Georges Mandel » de Sarkozy à portée de main : a-t-il demandé sa dédicace à la fin ? []

Sarkozy et le triple A : comment choisir son bourreau

18 janvier 2012
Nicolas Sarkozy, pénitent blanc

Nicolas Sarkozy, pénitent blanc

Le psychodrame qui s’est noué ce week-end autour de la dégradation de la France par Standard & Poors restera dans les annales. Il sera étudié par tous les communicants politiques comme un cas d’école de choix de communication catastrophique.

Acte 1 : soumission

Avant que Nicolas Sarkozy ne dramatise la perte de ce précieux sésame, la France entière, à l’exception de quelques « spécialistes », se moquait éperdument de cette note. Le fétichisme français pour la notation n’avait pas poussé les français jusqu’à s’intéresser aux oracles des triplés de la notation.

Mais l’été dernier, flairant l’occasion de redorer son blason de bon gestionnaire, largement terni par un paquet fiscal obscène et des déficits en explosion, Nicolas Sarkozy décida de dramatiser cette note. Il devenait indispensable de se soumettre au jugement de ces censeurs sans visage. Et c’est ainsi que les mesures d’austérité les plus diverses, d’une réforme des retraites supplémentaire à la taxation des boissons sucrées, ont trouvé leur justification : elles étaient le sang versé à cette nouvelle divinité.

Dès le premier acte, cette farce comporte un enseignement : Sarkozy, qui n’avait déjà pas grand chose de gaullien, avait choisi de prendre l’exact contrepied de de Gaulle, pour qui « la politique de la France ne se [faisait] pas à la corbeille. » Finie la souveraineté nationale, finie la démocratie (déjà passablement écornée par la pratique sarkozienne) : notre politique économique s’alignerait sur le bon vouloir de 3 auditeurs spécialisés dans la notation de notre dette. Sublime ironie du volontarisme de Sarkozy.

Acte 2 : trahison

Alors qu’il pensait avoir tout fait pour satisfaire aux demandes des agences, Nicolas Sarkozy a eu la désagréable surprise de constater que les divinités n’avaient pas encore étanché leur soif de sang. Pire, l’une d’entre elles décida de se venger, en lui infligeant la punition de la rétrogradation.

Cette sanction n’était pas une complète surprise : Nicolas Sarkozy avait déjà commencé à rétropédaler1 en décembre avec un discours façon « hahaha vous y avez cru à c’te bonne blague des agences de notation, non on rigolait (enfin sauf pour les mesures d’austérité), allez sans rancune », distillé scolairement à longueur d’éléments de langage par les stipendiaires de la sarkozie.

Mais les adversaires2 de Sarkozy n’avaient pas été sensibles à ce rétropédalage, pas plus que les Français d’ailleurs. Au contraire, une pluie de plomb fondu s’abattit sur le malheureux, en provenance de ces opposants insensibles à l’humour sarkozien. Leurs propos semblaient donner naissance à un nouveau proverbe : « Qui a vécu par les agences de notation périra par les agences de notation ».

Acte 3 : maintien sous perfusion

On pouvait espérer la situation clarifiée à l’issue de ce week-end, convaincus que nous étions que les trois censeurs pensaient la même chose. Mais ç’aurait été nous priver d’un troisième acte. Moody’s, une des agences concernées, annonça que pour le moment la note maximale était conservée, mais qu’elle serait revue dans 2 mois : bref, que sa décision n’était pas encore prise. De même pour Fitch, mais dont l’actionnariat la rend beaucoup moins crédible sur la notation de la France3.

Drame de plus ! Que penser ? Laquelle croire ? Le roi a tranché : tel Henry VIII, il choisit d’avoir sa propre religion, après avoir tant varié. Mais il ne trompe personne. Tout le monde voit bien que le roi n’a plus l’excuse des dieux pour son incurie, et qu’il est en réalité responsable non seulement de ce jeu d’arroseur arrosé, mais plus encore de tous ces sacrifices qui n’ont pas résolu les déséquilibres dont il est largement responsable. Et aujourd’hui, il n’y a guère plus que les fidèles d’entre les fidèles à espérer que Moody’s ne soit pas prise d’un accès de fureur qui la conduirait à nous dégrader elle aussi peu avant l’échéance d’avril.

Conclusion (provisoire)

Dans la farce qui se joue, et dont le dénouement se rapproche, Nicolas Sarkozy est un clown qui installe une corde, monte sur le tabouret pour passer sa tête dans le nœud et nous montrer qu’il n’a peur de rien. Derrière lui, les 3 Pierrots S&P, Moody’s et Fitch. Et soudain, S&P s’avance et donne un coup de pied dans le tabouret : Sarkozy tombe, il ne tient plus que sur la pointe des pieds et il a du mal à respirer. Et Moody’s, impassible, tient sa main sur la corde, soit pour la défaire, soit pour tirer dessus un bon coup. La farce a pris un tour sinistre, et il est manifeste que Moody’s tient maintenant l’avenir de Sarkozy entre ses mains.

C’est une leçon pour les hommes politiques : essayer de se réfugier derrière des autorités extérieures non démocratiques, voire étrangères, pour justifier ses propres choix politiques, c’est un jeu dangereux qui peut vous revenir brutalement en plein visage. Ca a marché, et ça continue de marcher, avec Bruxelles, bouc émissaire de nombreuses réformes. Mais avec des entreprises privées, non soumise au contrôle démocratique (car Bruxelles l’est, même insuffisamment), c’est tendre le cou de la France au bourreau en espérant qu’il ne passera pas à l’acte : c’est un crime contre notre souveraineté et notre démocratie.

  1. Tiens, voilà un terme que l’on trouve souvent appliqué à Hollande, mais rarement à Sarkozy []
  2. Et mêmes des journalistes aussi peu suspects d’anti-sarkozisme que ceux du Figaro []
  3. Son principal actionnaire est la holding Fimalac, dirigée par le français Marc Ladreit de Lacharrière, dont les sympathies à droite sont bien connues []

Big Arnaud is watching you

12 décembre 2011
"Big Brother is watching you" écrivait Orwell dans 1984.

"Big Brother is watching you" écrivait Orwell dans 1984.

Castanet a peur. Castanet vit dans la terreur. Les bandes sillonnent la ville, les commerces sont attaqués, les dealers oeuvrent au vu et au su de tous, les meurtres en plein jour se multiplient.

C’est l’impression que j’ai eue l’an dernier quand La Depêche nous informait du projet démesuré de 30 caméras de vidéosurveillance d’Arnaud Lafon. 30 caméras, excusez du peu ! Puis pendant 9 mois, plus rien. Et au dernier conseil municipal, le sujet est revenu. Et pas qu’un peu : une annonce de 20 caméras pour un coût de 700.000€.

Soyons clairs : contrairement à certains qui sont par principe hostiles à toute forme de vidéosurveillance, je ne suis pas totalement opposé à ce système. Mais encore faut-il qu’il soit mis en place intelligemment. Et c’est évidemment là que le bât blesse. Car c’est une grande caractéristique d’Arnaud Lafon que de parler sans cesse de pragmatisme là où il fait de la communication et de l’idéologie. Illustration avec les caméras de vidéosurveillance.

Caméras partout, efficacité nulle part

Arnaud Lafon voulait faire la comparaison avec Toulouse. Comparons : 24 caméras à Toulouse pour 440.000 habitants, alors que Castanet, qui compte 11.000 habitants, veut mettre 20 caméras. Il y a comme une différence de taille…

Comparons également la méthode : une journée entière d’auditions et de débats avec des experts pour Toulouse ; rien pour Castanet, hormis une interview dans La Dépêche.

C’est d’ailleurs cette journée qui a permis à Toulouse d’entendre des experts, lesquels ont indiqué dans quelles conditions la vidéosurveillance est utile : dans des lieux clos, pour les bâtiments publics, et pour les lieux de rassemblements (notamment festifs, pour prévenir l’ivresse sur la voie publique, et les bagarres). Ca tombe bien : certaines des caméras de Castanet seront installées aux entrées de ville, notamment sur le rond-point d’Intermarché, là où justement leur effet est nul. Quant à mentionner la Foire d’Oc comme exemple de rassemblement pour justifier des caméras, ça vire au grotesque : installer des caméras pour un évènement annuel, c’est franchement surdimensionné.

Les exemples bidons

Alors quand les arguments sur le pragmatisme sont battus en brêche, la majorité a recours aux arguments les plus délirants :

  • Exemple 1 : on aurait ainsi pu éviter l’incendie du vestiaire du foot : grosse blague, il aurait suffi aux délinquants de mettre une cagoule pour perpétrer leur méfait.
  • Exemple 2 : on a pu trouver des voleurs de bijoux car ils avaient pris le bus. Justement, les caméras existent dans les bus, qui sont des lieux clos, et en rajouter dans la rue ne permettra pas de mieux identifier les voyageurs des bus ; on pourra aussi noter que le propriétaire de la bijouterie pourrait se munir de caméras (mais bon, c’est facile de mettre une cagoule).
  • Exemple 3 : on a pu identifier l’incendiaire de l’immeuble qui a coûté la vie d’une jeune étudiante castanéenne. Raté, la caméra était une caméra privée, située à l’intérieur de l’immeuble, et pas une caméra publique. Comparons ce qui est comparable…

Le grand n’importe quoi

Quand les exemples absurdes ont été épuisés, il est temps de sortir l’artillerie du grand n’importe quoi.

Arnaud Lafon tout d’abord, qui affirme que les seules libertés individuelles mises à mal par ces caméras sont celles des délinquants. Il se trouve que notre droit considère que les délinquants sont des personnes comme les autres, qu’il faut certes sanctionner, et qu’ils ont eux aussi des libertés individuelles. Dans le cas de la vidéosurveillance par exemple, la Cour Européenne des Droits de l’Homme a jugé, dans l’arrêt Perry contre Royaume-Uni, que l’utilisation de la vidéosurveillance avait violé les libertés d’un prévenu.

Camélia Assadi ensuite. Il nous avait échappé qu’en plus d’être une éminente spécialiste de la laïcité, Camélia Assadi était également une experte en vidéosurveillance. Car elle a asséné l’argument massue : il n’y a aucune donnée concrète sur l’efficacité de la vidéosurveillance. Et elle a utilisé cet argument en défense de ce dispositif. Un élémentaire principe de bonne gestion des finances publiques voudrait que l’on n’utilise pas des dispositifs qui existent depuis plusieurs années mais pour lesquels on n’a pas d’information sur leur efficacité. Ce principe n’a pas les faveurs de la municipalité. Mais le meilleur, c’est que Mme Assadi se trompe : c’est Alain Bauer, le président de la commission nationale de la vidéosurveillance et expert omniprésent de la sécurité, qui a lui-même indiqué dans quels cas ces dispositifs étaient efficaces. Il faut le citer, comme le fait OWNI :

Bruno Duvic : Alain Bauer, est-ce qu’on a précisément mesuré quand les caméras de vidéosurveillance étaient efficaces et quand elles l’étaient moins ?

Alain Bauer : Oui oui, on a de très nombreuses études sur la vidéoprotection, essentiellement anglo-saxonnes, qui montrent que dans les espaces fermés et clairement identifiés c’est très efficace, mais que plus c’est ouvert et moins on sait à quoi servent les caméras, moins c’est efficace, pour une raison simple, c’est qu’elles descendent rarement des poteaux avec leurs petits bras musclés pour arrêter les voleurs : la caméra c’est un outil, pas une solution en tant que telle…

C’est bien imagé, mais tout le monde aura compris. Quel dommage que Camélia Assadi ne soit pas allée écouter Alain Bauer avant de raconter n’importe quoi en conseil municipal.

Au final, encore une grande opération de communication, qui ne donnera qu’un résultat très limité pour un coût très élevé. Mais il faut bien trouver un emploi pour nos augmentations d’impôts. Vivement 2014 !

François Hollande, candidat du PS aux présidentielles de 2012

17 octobre 2011

François Hollande le 13 octobre 2011 (Sébastien Calvet / Libération)

Alors ça y est. Après des mois de débats, de suspens, de chausses-trappes, de petites phrases de part et d’autre, le peuple de gauche a choisi le candidat socialiste aux présidentielles de 2012 : François Hollande.

Une victoire nette et large : près de 57% en fin de soirée ce 16 octobre. Ce résultat donne une ample légitimité à François Hollande pour cette élection à venir. La droite va peiner à trouver un angle d’attaque, et toutes ses conférences pour démolir le projet socialiste ne suffiront pas à faire refluer la vague du changement à gauche impulsée par ces primaires.

Même si la fin de campagne a été émaillée de formules inutilement agressives, il faut saluer le discours impeccable de Martine Aubry : dignité, rassemblement, soutien franc et entier au candidat victorieux, Martine Aubry a fait un remarquable discours pour reconnaître le résultat de ces primaires. Jugez plutôt :

http://www.dailymotion.com/video/xlqbg4

Cette victoire de François Hollande vient de loin : près de 3 ans de préparation entre son départ de la tête du PS et sa victoire aujourd’hui. Et cet homme, que l’on disait fini au lendemain du congrès de Reims, a su montrer sa détermination à devenir notre candidat. Pour l’avoir rejoint en mars, alors que la bulle DSK continuait de faire la une des médias, j’ai pu mesurer combien peu nombreux étaient alors ceux qui pariaient sur sa victoire. Il faut savoir gré à ces femmes et ces hommes qui ont continué de le soutenir dans sa traversée du désert, convaincus de sa force et de son talent, et qui lui ont permis d’en arriver à être notre candidat aujourd’hui.

Terminons ces rapides pensées avec l’intervention de François Hollande de ce soir : inlassablement, rappeler ses engagements et ses priorités, avoir une ligne et n’en pas dévier. Là réside la clé de sa victoire.

http://www.dailymotion.com/video/xlqc70

François ou Martine : l’heure du choix

14 octobre 2011

Le premier tour de la primaire citoyenne a confirmé les sondages sur un point : les 2 candidats arrivés en tête. Il nous reste donc à les départager pour décider de celui (ou celle) qui sera notre candidat(e)1. à la présidence de la République.

La seule question qui vaille aujourd’hui est de savoir qui peut le mieux gagner. Le premier tour a permis de départager sur les idées (ou plutôt les divergences d’interprétation du projet), le second doit désigner un candidat.

Pour gagner, notre candidat devra donc passer le premier tour, et rassembler au second tour pour être en tête.

Le premier tour

Passer le premier tour nécessite d’avoir une capacité à rassembler sur son nom propre. Sur ce critère, c’est indubitablement François Hollande qui gagne : il est arrivé très largement en tête, avec près de 40% au premier tour, dans une élection où 6 candidats se présentaient, et en obtenant un écart de près de 9 points avec la deuxième. Ceux qui connaissent un peu le PS ne seront pas surpris : François Hollande ne s’est pas maintenu 11 ans à la tête du PS uniquement par des alliances et des synthèses : il y avait à la base une large adhésion à sa personne.

Mais il faut également prendre en compte le profil des électeurs du premier tour. En effet, des électeurs Front de Gauche et EELV sont venus voter. Il semble que nombre d’entre eux aient voté Montebourg ou Aubry. Cela pose un problème : ces électeurs-là ne voteront pas PS au premier tour. Ils viennent choisir un candidat du second tour. Ils ne réalisent pas qu’ils font courir le risque d’un nouveau 21 avril où le candidat socialiste ne serait pas au second tour, faute d’avoir recueilli suffisamment de voix au premier. Autant dire que leur vote en faveur de Martine Aubry (tel Denis Baupin, qui annonce qu’il votera Aubry au second tour de la primaire mais votera Joly au premier tour des présidentielles) peut amener en tête une candidate qui serait battue dès le premier tour.

Enfin, la question de la motivation est centrale : c’est ce qui donne l’image d’un futur président, la stature. Là encore, Martine Aubry n’est pas crédible : candidate de remplacement de DSK, comme ce dernier l’a reconnu, elle est parti tard et n’a pas montré depuis suffisamment longtemps une volonté de devenir présidente. Au contraire de François Hollande, qui a fait une traversée du désert, suivi une cure d’amaigrissement, développé son propre programme, et s’était lancé alors que DSK était présenté comme l’archi-favori des sondages.

Le second tour

Une fois passé le premier tour, il faudra réussir le second. Là, le seul critère qui vaille est la capacité à battre la droite. Et là, l’histoire plaide largement en faveur de François Hollande. Jugez plutôt.

François Hollande : député de Corrèze dans une circonscription qu’il a reprise à la droite et qu’il a conservée en 2002 malgré le déplacement de Raffarin et Bernadette Chirac pour le battre ; maire de Tulle qu’il a reprise à la droite ; président du Conseil Général de Corrèze qu’il a repris à la droite ; victoire aux élections européennes de 1999 ; victoire aux élections régionales de 2004, après une nette progression aux élections régionales précédentes ; victoires aux municipales en 2008.

Martine Aubry : députée en 1997, elle laisse son siège après quelques jours pour devenir ministre ; maire de Lille  en 2001, elle succède à Pierre Mauroy (PS) ; battue par un UMP aux législatives de 2002 dans une circonscription de gauche réputée imprenable par la droite ; défaite aux européennes en 2009 ; une région de gagnée aux régionales de 2009.

Faut-il vraiment continuer ?

Quoi que l’on pense d’elle, Martine Aubry n’a pas l’expérience d’une campagne victorieuse où elle aurait chassé la droite. François Hollande le fait depuis plus de 20 ans.

Pour toutes ces raisons, le seul choix réaliste pour la victoire de 2012, c’est François.

  1. Dans la suite du billet, je parlerai de « notre candidat » sans « (e) » à la fin, pour simplifier []

Faire sa com’ politique sur le dos des enfants : la méthode Lafon

6 octobre 2011

"Touche pas à mon porc" : le slogan révélateur des soutiens d'Arnaud Lafon

Ainsi donc, le conseil municipal a voté, jeudi 29 septembre, la fin des repas différenciés dans les cantines scolaires de Castanet.

Depuis plus de 15 ans, ce système était en place sans que personne n’en demande la fin. Il permettait aux enfants d’avoir des repas sans porc et des repas sans viande. Arnaud Lafon, maire depuis 2001 (10 ans déjà), n’y avait jamais rien vu à redire.

Mais les élections législatives approchent. L’UMP 31 n’a encore investi personne dans la future 10ème circonscription. Alors Arnaud Lafon a dû vouloir donner des gages de sa compatibilité avec la frange la plus à droite de l’UMP, la fameuse Droite populaire.

Pourtant, il avait déjà montré aux dernières cantonales qu’il voulait bien du soutien de l’UMP. Mais cette fois-ci il a décidé de passer à la vitesse supérieure, peut-être pour être investi UMP et non « sans étiquette ». Et pour cela il faut frapper fort, et frapper en-dessous de la ceinture.

Pour cela, rien de tel que la stigmatisation des musulmans. Solution toute trouvée : mettre fin aux repas différenciés. Mieux encore : garder le système existant en juin, avec la signature des contrats CVQ tout au long de l’été, puis avertir les familles le jour de la rentrée, par un mot dans le cartable des enfants, de la décision de mettre fin à ces repas. Pas de discussion, pas d’explication. Et ajouter l’insulte en se drapant dans la laïcité.

La ficelle est franchement grosse. Mais elle a permis de faire sortir au jour les identitaires qui ont manifesté devant la mairie (voir photo ci-dessus) et ont assisté au conseil municipal (voir photo ci-dessous).

Un jeune homme avec un tee-shirt "Bloc identitaire" en conseil municipal

Oh bien sûr, Arnaud Lafon se défend de toute visée électoraliste, et de faire des appels du pied aux identitaires. Enfin quand on lance un pétard dans les égouts, il ne faut pas s’étonner d’en voir sortir les rats.

Alors il a quand même fallu une délibération du conseil municipal pour officialiser l’oukase. Et l’opposition a demandé des explications sur les raisons de ce choix, et les raisons de cette soudaineté et de cette brutalité. Pour les réponses, nous avons été servis :

  1. Arnaud Lafon a répondu en listant tout ce qu’il avait fait pour les écoles et leurs enfants depuis 2001 : aucun rapport avec le sujet, ça permet d’occuper du temps de parole et de jouer au « M’enfin vous pouvez rien me reprocher après tout ce que j’ai fait ! ».
  2. Béatrix de Veyrinas a répondu pour dire qu’elle ne répondrait pas.
  3. Franck Kritchmar a apporté son témoignage personnel1, indiquant ses origines, et qu’il avait mangé du porc à la cantine dans son enfance et qu’il n’en était pas mort. Franck Kritchmar est resté bloqué à la France des années 70 (au mieux). Il n’est pas au courant que les écoles ne fonctionnent plus de la même façon.
  4. Le pompon : Camélia Assadi. D’origine iranienne, elle était donc tout à fait qualifiée pour donner son avis… et parler d’elle-même. Une citation de Jaurès dénichée sur Internet au passage (on peut tout faire dire à Jaurès en en extrayant une phrase). Mais la perle a été son point Godwin : « Vous voulez savoir ce que ça donne quand on laisse entrer la religion dans l’école ? Allez voir ce qui se passe en Iran ! » Eh oui, nous n’avions pas compris que les parents, présents dans la salle, étaient des ayatollahs venus nous imposer leur loi ! Pourtant, je n’ai pas vu de voile intégral ce soir-là. Juste un foulard sur une femme. Bref, Camélia Assadi représente le degré zéro du débat politique.

Au final, personne n’a eu de réponse sur la vraie question : pourquoi maintenant, pourquoi sans consultation ni information préalable ? C’est bien la preuve qu’il s’agit d’une honteuse opération politique dans laquelle Arnaud Lafon fait sa communication politique sur le dos de 90 enfants de Castanet. Il peut être fier de ses nouveaux amis très « France aux français »2 Plus que jamais, vivement 2014 !

  1. C’est important cette dimension personnelle : chacun est un expert à partir de son cas particulier []
  2. Je ne mets pas de lien vers les blogs concernés, vous les trouverez par vous-mêmes : je refuse de leur faire la moindre pub. []

A l’UMP 31, l’homme est l’avenir de la femme

24 septembre 2011

Jean-Luc regarde le passé (source Le Monde)

Ainsi donc, comme personne ne le sait, Jean-Luc Moudenc est à la tête de l’UMP en Haute-Garonne. Et ce général sans troupes a annoncé récemment les candidatures de son armée d’ectoplasmes pour les législatives de 2012. Alors plus précisément, il s’agit des candidatures à la candidature : il ne pourra pas y avoir 6 candidats UMP sur la seule 4e circonscription, évidemment1.

Ça commence par une première blague : il n’y a que 4 circonscriptions sur les 10 où l’UMP 31 annonce des candidats à la candidature. C’est une bonne nouvelle pour la gauche s’il n’y a personne pour les autres ! Bon, pour la 10ème, on sait déjà qu’Arnaud Lafon se « guéanise »2 pour obtenir l’investiture, mais pour les autres, quel brillant inconnu présenteront-ils ?

Et ça se termine avec un feu d’artifice d’humour: sur la 3ème circonscription, Jean-Luc soi-même sera candidat, avec une suppléante. SAUF si Nicolas Sarkozy (l’homme qui traîne Karachi dans ses valises) n’est pas réélu, auquel cas il laissera sa place à sa suppléante. Quel courage, quelle conviction ! Il est l’homme de la 3ème circonscription, c’est certain ! Et on mesure bien la place qu’on accorde à la femme, à l’UMP : la potiche de remplacement. Bravo à Laurence Arribagé pour avoir accepté de jouer le rôle de la cruche de service, et ainsi contribuer au retour en arrière pour la parité en politique !

Laurence Arribagé, potiche

Laurence Arribagé, potiche

Aucun courage, aucune conviction, et l’utilisation des femmes comme des éléments de décoration : 3 raisons de ne plus jamais voter Moudenc !

  1. Encore que cela aurait un côté farce pas désagréable du tout []
  2. Il imite Claude Guéant, l’odieux ministre de l’intérieur, diplômé en chasse aux Roms et aux musulmans []