Archive pour septembre 2010

Le machisme ordinaire vu par Arte

jeudi 30 septembre 2010

La Cité du Mâle (source : Arte)

Je n’avais pas envie de regarder « La cité du mâle« , ce reportage qui a fait couler beaucoup d’encre depuis un mois. Déjà parce qu’un énième reportage sur les machos de banlieue ne me tentait pas. Et puis surtout parce que j’ai entendu Daniel Leconte sur France Info mercredi matin : il était agressif, insupportable, alors que Danièle Ohayon essayait juste de pointer les insuffisances du documentaire.

Et puis j’étais devant le poste, et ce fut le programme de la soirée. Eh bien ce n’était pas aussi mauvais que Danièle Ohayon me l’avait fait craindre (entre autres parce qu’ils ont fait des changements par rapport à ce que D. Ohayon a visionné). Mais c’était quand même très décevant. J’avais l’impression de regarder un reportage du 13h de TF1, mais en version longue.

Une poignée de mecs du quartier où Sohane a été brûlée vive laissent libre cours à leur machisme. Quelques filles moins nombreuses montrent qu’elles ont intériorisé cette domination masculine. C’est bien, mais c’est du niveau du fait divers. En une heure de reportage, on avait largement le temps de faire intervenir des chercheurs, des sociologues ou d’autres spécialistes qui nous auraient contextualisé ce machisme et nous auraient fourni des pistes d’explication. Alors que le reportage lui-même n’aide pas : le jeune adulte de 18 ans élevé par sa mère seule est plus machiste que le gars élevé par sa mère et son père polygame. On voterait presque pour la polygamie à ce compte… Même la représentante de Ni Putes Ni Soumises n’aide pas : elle est vice-présidente de l’association car elle a été brûlée vive, et malheureusement elle n’a rien de réfléchi à dire sur le sujet.

Bref, on finit de voir ce reportage en ne sachant pas d’où vient cette situation. Elle existe, mais on ne sait même pas dire si elle est très répandue ou pas : cinq écervelés ne font pas un quartier.

Si même Arte se met à faire du Jean-Pierre Pernaut, je ne suis pas près de me remettre à regarder la télévision…

Réunion de section de septembre : cantonales et « nouvelle donne internationale et européenne »

mardi 21 septembre 2010

Une réunion de section calme pour ce mois de septembre.

Tout d’abord, un débat sur la position à tenir pour les prochaines cantonales. Le contexte est connu, les péripéties qui y ont conduit aussi. J’ai fini par souffler à l’oreille d’une camarade que de toute façon, quelle que soit la solution que l’on retienne, il y aurait des citoyens pour nous le reprocher. Esprit de vengeance, arrangements voire magouilles entres crapules, clientélisme : selon la solution choisie, voilà les reproches que l’on pourrait nous adresser. Pourtant, un seul grand objectif a guidé notre choix : garder le canton de Castanet à gauche. Evidemment des interrogations tactiques. Et au finale une solution adoptée à l’unanimité (moins une abstention), et dont nous espérons tous qu’elle sera entendue au-delà du petit cercle de notre section.

Et ensuite, un débat sur le texte « nouvelle donne internationale et européenne ». J’ai cru comprendre que ce texte avait vocation à déterminer la position sur l’international du parti.

J’ai lu le texte. Attentivement au début. Et puis j’ai compris qu’il était creux. Je l’ai fini en ne lisant plus que les parties graissées, et celles qui m’intéressent le plus (notamment l’Europe).

Ce texte m’a laissé un goût amer dans la bouche. Pour deux raisons.

D’abord parce que je l’ai trouvé creux et sans ambition. Oh oui il y a des propositions concrètes dans le texte. Mais on ne voit pas dans quelle stratégie elles s’inscrivent. On sera bien en peine de voir dans ce tas de guimauve l’ombre d’une vision, voire (horreur) d’une utopie. On dit que le G20 ne sert qu’à des déclarations, et qu’il faut revenir au multilatéralisme en renforçant le rôle de l’ONU, mais dans le même temps on propose de rendre le G20 responsable devant ladite ONU : pardon ? Et pour l’Europe, c’est encore mieux. On veut relancer le fameux couple franco-allemand. Pourquoi pas. Mais autour de quelle Europe ? Une fédération d’Etats-nations ? Une Europe fédérale ? Plus largement, quelle place pour la France et pour l’Europe dans le monde ? Je n’ai pas trouvé de réponse à ces questions. Je pensais pourtant que ces questions auraient trouvé leur réponse dans ce texte.

Ce qui m’amène à mon deuxième motif de déception. J’aurais pu surmonter ma déception vis-à-vis de ce texte si j’avais eu foi dans la capacité de notre parti à prendre en compte les amendements apportés au texte par les sections. Hélas, le texte sur la rénovation m’a particulièrement déçu sur ce point. Notre section avait proposé 5 amendements. La quasi-totalité avait été reprise par la fédération, avec beaucoup d’amendements des autres sections du département. Eh bien en relisant (rapidement) le texte définitif, je n’ai trouvé aucun de nos amendements, même ceux qui étaient passés à une large majorité, et qui relevaient du bon sens (notamment ouvrir les parrainages des candidatures à un nombre significatif de militants). Je n’ai donc préparé aucun amendement. Et je vais donc voter contre ce texte, sans conviction que cela serve à grand chose. Je pense que ce texte sera néanmoins adopté, avec une abstention record. Et nos grands chefs se réjouiront de l’adoption…

Retour de La Rochelle

mercredi 15 septembre 2010

Cette année encore, je suis allé à l’université du PS à La Rochelle. J’avais beaucoup apprécié ma première université l’an dernier, alors je m’étais dit que j’allais renouveler l’expérience.

J’avais gardé une expérience mitigée des plénières de 2009 : trop souvent, les hommes politiques présents à la tribune, qu’ils soient de notre parti ou d’un autre, s’épanchaient longuement pour ne rien apporter à la réflexion. Je n’ai donc fait aucune plénière cette année, je me suis concentré sur les ateliers.

Le plus intéressant était sans conteste l’atelier sur la mobilisation de nos électeurs. Il en ressort que le porte-à-porte est une opération rentable, enrichissante et que l’on est bien accueilli. Cela se pratique d’abord pour mobiliser les absentionnistes de notre camp, puis quand ceux-ci sont peu nombreux, pour convertir des votants à nos idées et à notre/nos candidat(s).

Cet atelier était animé par 3 jeunes chercheurs qui ont mis leurs compétences au service d’une expérimentation du porte-à-porte lors des dernières régionales en Île-de-France. Et la conclusion est que nous pouvons grandement bénéficier du porte-à-porte, surtout si l’on passe à ce que Christophe Borgel a qualifié d' »industrialisation » de la mobilisation de notre électorat.

Le vrai plus a été l’échange avec la salle. Etonnant de constater que 80% des participants avaient déjà expérimenté le porte-à-porte et étaient convaincu de son efficacité : l’atelier leur a donc servi à échanger avec d’autres camarades, et à conforter par une expérimentation rigoureuse et chiffrée leur ressenti de militants de terrain. Etonnant aussi de constater la présence de nombreux élus : des maires, dont je crois celui de Rodez et celui de Metz, au moins une conseillère générale (de la Haute-Garonne), et au moins une députée, Michèle Delaunay, à côté de laquelle j’étais assis.

Très bon point aussi la fourniture par les animateurs du kit de campagne qu’ils avaient élaboré pour les militants qui ont fait le porte-à-porte. Je compte leur demander la version électronique, mais en attendant je suis en train de le lire.

Bref un excellent atelier, très pratique, et qui a permis à tous les participants soit de découvrir la pertinence du porte-à-porte, soit d’écouter les expériences des autres et d’en bénéficier.

Pour ce qui est des autres ateliers, deux m’ont paru très intéressants (gagner la bataille des idées, et les seniors), avec des intervenants de très grande qualité. Mais un m’a paru à côté de la plaque : pendant près de 2h, j’ai écouté parler de ce que doit être le monde après la transition environnementale, alors que le thème de l’atelier devait être cette transition : les intervenants savaient où nous devons aller, mais à aucun moment ils ne nous ont dit comment nous y irions ! Mention spéciale à Yves Cochet, qui a réussi à parler avec tellement de mots compliqués que je me suis senti perdu.

Le discours de clôture de Martine Aubry était bien plus dynamique et intéressant que l’an dernier. On sentait bien la présidentialisation sous-jacente.

Au total, une bonne université, qui a bien allié ateliers pratiques et ateliers de réflexion. Je sais déjà que je reprendrai mon billet l’an prochain !