Le machisme ordinaire vu par Arte

La Cité du Mâle (source : Arte)

Je n’avais pas envie de regarder « La cité du mâle« , ce reportage qui a fait couler beaucoup d’encre depuis un mois. Déjà parce qu’un énième reportage sur les machos de banlieue ne me tentait pas. Et puis surtout parce que j’ai entendu Daniel Leconte sur France Info mercredi matin : il était agressif, insupportable, alors que Danièle Ohayon essayait juste de pointer les insuffisances du documentaire.

Et puis j’étais devant le poste, et ce fut le programme de la soirée. Eh bien ce n’était pas aussi mauvais que Danièle Ohayon me l’avait fait craindre (entre autres parce qu’ils ont fait des changements par rapport à ce que D. Ohayon a visionné). Mais c’était quand même très décevant. J’avais l’impression de regarder un reportage du 13h de TF1, mais en version longue.

Une poignée de mecs du quartier où Sohane a été brûlée vive laissent libre cours à leur machisme. Quelques filles moins nombreuses montrent qu’elles ont intériorisé cette domination masculine. C’est bien, mais c’est du niveau du fait divers. En une heure de reportage, on avait largement le temps de faire intervenir des chercheurs, des sociologues ou d’autres spécialistes qui nous auraient contextualisé ce machisme et nous auraient fourni des pistes d’explication. Alors que le reportage lui-même n’aide pas : le jeune adulte de 18 ans élevé par sa mère seule est plus machiste que le gars élevé par sa mère et son père polygame. On voterait presque pour la polygamie à ce compte… Même la représentante de Ni Putes Ni Soumises n’aide pas : elle est vice-présidente de l’association car elle a été brûlée vive, et malheureusement elle n’a rien de réfléchi à dire sur le sujet.

Bref, on finit de voir ce reportage en ne sachant pas d’où vient cette situation. Elle existe, mais on ne sait même pas dire si elle est très répandue ou pas : cinq écervelés ne font pas un quartier.

Si même Arte se met à faire du Jean-Pierre Pernaut, je ne suis pas près de me remettre à regarder la télévision…

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