Archive pour octobre 2010

Protégez-moi de mes amis… et de mes ennemis aussi !

dimanche 24 octobre 2010

En politique, on s’attend généralement aux attaques des ennemis, et à la trahison des amis. Mais il faut aussi compter avec le baiser de la mort des ennemis.

François Hollande vient de s’en prendre un beau : Bernadette Chirac loue ses qualités. Et dans le genre repoussoir pour le peuple de gauche, Bernadette est en bonne position.

Pauvre François, il n’en a pas fini dans sa course de fond pour l’investiture aux primaires. Qui sera le prochain ? Eric Woerth va-t-il louer le sens des responsabilités de François Hollande ? Ça serait pire encore…

Les origines : en parler ou pas ?

mercredi 13 octobre 2010

Hugues Lagrange ou le recueillement

Je n’avais encore jamais regardé « Ce soir ou jamais« , l’émission culturelle de Frédéric Taddei. Honte sur moi.

Sur des conseils amicaux, j’ai regardé l’émission du 29 septembre qui avait comme invité principal Hugues Lagrange. Ce sociologue a fait sensation en publiant mi-septembre un livre intitulé « Le déni des cultures », dans lequel il analyse les situations de pauvreté dans nos quartiers en prenant en compte l’origine ethnique des populations concernées. Evidemment, à la suite des discours honteux sur les Roms et le lien entre immigration et délinquance, ce livre ne pouvait que provoquer une bronca parmi les chercheurs et parmi les politiques.

Face à lui, Eric Fassin, sociologue, Fatou Diome, romancière, et Jean-Loup Amselle, anthropologue. Et à ses côtés, Malika Sorel, membre du Haut Conseil à l’Intégration, et l’impayable Eric Raoult, député UMP. Quand on voit ses « alliés », on se dit qu’il a eu bien du mérite, Hugues Lagrange. Parce qu’Eric Raoult comme allié, ça vous plombe une crédibilité. Et Malika Sorel a tenu un discours bien droit dans ses bottes, avec une tonalité très « Je ne veux voir qu’une seule tête » : elle ne pense pas intégration, elle pense dissolution.

Heureusement pour lui, il a été aidé par Fatou Diome, qui a bien su recadrer le débat sur le champ de l’affectif. C’est vrai que c’est avec des grands mots, des bons sentiments et de la barbe à papa que l’on va résoudre la question de la pauvreté des banlieues (bon sang, pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ?). Quand à Jean-Loup Amselle, je ne le mentionnerai pas : il n’a rien dit qui vaille la peine d’être relevé.

En réalité, le débat était entre Eric Fassin et Hugues Lagrange. La question sous-jacente était celle des statistiques ethniques. Elle n’a pas été abordée en tant que telle, mais Eric Fassin l’a rappelée. Et sa position est claire : non à ces statistiques, non aux études qui mettent en cause l’origine de leurs sujets.

Mais Hugues Lagrange ne met pas en cause l’origine des sujets. Il s’en sert comme facteur permettant de segmenter une population, afin d’identifier des ensembles sur lesquels appliquer des politiques différentes. Et c’est là que sa démarche est intéressante. Eric Fassin a beau jeu de signaler qu’expliquer les différences culturelles par la culture est une tautologie, il n’en demeure pas moins que ce qui intéresse les hommes politiques est d’avoir des études leur permettant de mettre en oeuvre des solutions. C’est pour cela que le travail d’Hugues Lagrange est précieux : si l’on sait que des populations d’une origine particulière ont particulièrement besoin d’être aidées, notamment en élevant leur niveau d’éducation, alors il devient possible de mettre en oeuvre des politiques différenciées, adaptées à chaque population, sans pour autant en arriver à du cas par cas (qui coûte plus cher).

Mais Eric Fassin a raison de rappeler l’importance d’aller au-delà des différences culturelles, pour trouver les raisons profondes de ces différences. Simplement, ce n’est pas l’objet du livre d’Hugues Lagrange. Il s’est arrêté au niveau des cultures, parce que cela lui permet de fournir une explication suffisante.

Il est dommage que les deux sociologues se soient autant affrontés, alors que leurs positions ne sont pas antinomiques. Mais la question des statistiques ethniques et de toute la recherche qui s’en rapproche est une question éminemment affective. Et le plus significatif était le pathos dans lequel Fatou Diome a versé, en travestissant totalement le propos d’Hugues Lagrange et en l’accusant, à mots à peine voilés, de racisme. Mais tout écrivain qu’elle soit, elle ignore qu’on ne fait ni de bonne politique ni de bonne recherche avec de bons sentiments.

Résultats du vote militant sur l’international et l’Europe

mardi 12 octobre 2010

La méthode Coué semble de mise à la tête du parti. On n’en est pas à se réjouir follement des résultats de ce vote, certes. Mais enfin, ne pas voir qu’un taux de participation de seulement 36,4% équivaut à un désaveu pour un texte d’une telle envergure, ça relève de l’aveuglement volontaire. Ou alors du mépris pour les militants (qui ne comprennent rien). Du coup, dire que « 87,4% se sont prononcés pour le texte » relève de l’intox pure et simple. Car en réalité, ce sont au plus 31,8% des militants qui ont approuvé ce texte (je ne sais plus si on comptabilise les blancs).

Preuve supplémentaire de la médiocrité de ce texte : les résultats à Castanet. Alors que notre section est habituellement parmi les bons élèves, la participation a cette fois à peine dépassé les 30%. Seuls 18 camarades se sont déplacés pour voter : 9 ont voté pour, 6 se sont abstenus et 3 ont voté contre. Je fais parti des 3 réfractaires, et je me désole à la fois de la faible participation et de la forte abstention.

Heureusement, nos grands chefs se sont réunis samedi pour finaliser ce monument de vacuité, avec force tapes dans le dos, et le pauvre Poul Rasmussen pour servir d’alibi européen. J’en regretterais presque de n’avoir pu être là…

Conseil municipal du 30 septembre

mardi 5 octobre 2010

Un conseil municipal sans grand enjeu, puisque constitué largement de délibérations techniques ou sur lesquelles Castanet en Mouvement ne peut qu’être d’accord.

Trois points importants ont fait débat.

Tout d’abord, Castanet en Mouvement a interpellé le maire et son adjointe à l’enseignement pour leur demander des comptes sur la gestion de la Carte de Vie Quotidienne (CVQ). En effet, depuis un an que la mairie la met en place, les dysfonctionnements se sont accumulés et ne sont toujours pas résolus par la mairie. Cela démontre surtout une médiocrité dans la gestion de la part du maire et de son adjointe. Evidemment, ce sont les Castanéens qui paieront le coût de leur incurie. On peut lancer tout de suite le concours pour savoir quelle sera la part d’une future et certaine augmentation d’impôts qui reviendra à la déplorable gestion de la CVQ.

Ensuite, Castanet en Mouvement a déploré le budget 2011 de l’Etat qui consacre un désengagement croissant. En témoigne ainsi la nécessité pour Castanet de subventionner la gendarmerie pour lui permettre d’avoir le matériel nécessaire à son travail. Et pourtant la gendarmerie reste un budget de l’Etat ! Seulement à force de serrer les cordons de la bourse sans réfléchir, on en vient à ce que les gendarmes n’aient plus les moyens de travailler ! Et après cela, on aura droit à des discours ronflants sur la sécurité…

Enfin, Castanet en Mouvement s’est félicité de la remise en place de l’accompagnement à la scolarité (les AEPS). C’est bien de la part du maire de reconnaître qu’il s’est trompé en les supprimant en 2008. Cela aurait été mieux d’écouter et de réfléchir avant de les supprimer.

Pour le reste, il faut mentionner un vote sur le schéma de cohérence territoriale, et un vote sur le programme local de l’habitat du Sicoval. Des votes assez techniques, pour un conseil municipal assez court : on ne va pas s’en plaindre.