Les forces progressistes au niveau européen

La semaine dernière, j’étais à Bruxelles avec une vingtaine de camarades socialistes de la Haute-Garonne. Notre secrétaire fédéral à l’Europe et animateur du groupe PSE de la Haute-Garonne, Hugues Bernard, avait organisé ce voyage en relation avec notre eurodéputé (et néanmoins castanéen) Kader Arif.

En 3 jours, nous avons fait le tour des forces progressistes, et aussi régionales, présentes à Bruxelles. Et ce voyage est donc riche d’enseignements.

Des forces peu nombreuses

Nous avons été surpris de voir le peu de permanents dans les forces européennes : une trentaine pour le Parti Socialiste Européen (PSE), autour de 5 pour le Forum Progressiste Mondial (GPF), 40 personnes pour la Confédération Européenne des Syndicats (CES), 5 aussi pour la Fondation Européenne d’Etudes Progressistes (FEPS). Cela montre avant tout le peu de moyens dont ces organisations disposent. Je pense que c’est la conséquence à la fois d’un manque d’intérêt des organisations nationales pour l’Europe (et le PS est vraiment dans cette situation, quoi qu’en disent mes camarades), et d’une volonté de ne pas perdre le pouvoir de la part de ces mêmes organisations nationales. C’est évidemment une erreur quand on voit tout ce qui vient de l’Europe aujourd’hui.

En ce qui concerne les régions, la situation est différente. Les régions de toute l’Europe ont bien intégré l’importance d’une présence à Bruxelles. Mais leur présence est fortement conditionnée par leurs budgets, lesquels découlent directement des responsabilités qui leur sont dévolues. Autrement dit, plus une région a des responsabilités (voire de l’autonomie), plus elle a de budget, et plus elle peut avoir de personnels employés à défendre ses intérêts à Bruxelles. Là encore, on ne prête qu’aux riches.

Une bonne communication à Bruxelles, moindre avec les correspondants nationaux

Toutes ces organisations travaillent bien ensemble à Bruxelles, et tout particulièrement FEPS, GPF et PSE. Mais la coordination avec les interlocuteurs nationaux semble moins aisée.

Certes, la FEPS a publié une analyse de la réforme de la PAC par Henri Nallet en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès. Et la CES a donné l’impression de largement se concerter avec les syndicats nationaux. Mais la répartition des rôles ne semble pas évidente : j’ai toujours du mal à comprendre à quoi sert le PSE, qui peine à exister face au groupe S&D au Parlement Européen, et les responsabilités respectives de la Fondation Jean Jaurès et de la FEPS ne me semblent pas claire. Surtout, j’ai compris que les niveaux nationaux ne font pas assez bien remonter au niveau européen ce qui se passe chez eux : j’ai ainsi été surpris que le PSE, qui lance sa plateforme Re:New, n’ait pas entendu parler de la plateforme des Créateurs de possibles de l’UMP, qui pourtant en semble proche, alors que le même PSE connaît la Coopol.

Un échelon européen encore naissant

Tout cela montre bien que le niveau européen n’en est encore qu’à ses débuts. Mais les choses sont en train de changer : l’engagement pris par les partis socialistes de chaque pays à désigner un candidat du PSE pour la présidence de la prochaine commission européenne est un pas en avant symbolique et très fort. Il reste à voir si le candidat qui sera désigné sera un vrai candidat, ou un aimable pot de fleurs qui ne pourra pas faire d’ombre aux dirigeants nationaux.

3 commentaires sur “Les forces progressistes au niveau européen”

  1. Hugues dit :

    Excellent. Je profiterais des vacances pour faire le bilan de ce séjour. Tu as raison, j’ai été moi aussi surpris de voir la faiblesse des équipes bruxelloises.

  2. […] lire : Les forces progressistes au niveau européen par Patrick […]

  3. Un internet site net facile a trouver en quelques clics.

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