Archive pour février 2011

Indignation

jeudi 24 février 2011

Ce blog n’est pas très alimenté en ce moment du fait d’une campagne des cantonales intense à Castanet-Tolosan. Mais la réunion publique de ce soir m’oblige à le sortir de sa léthargie.

Muriel Pruvot était ce soir à Labège pour présenter son programme et débattre avec la salle. Elle était avec Jean-Jacques Mirassou, Jean-Louis Robert et Patrick Pignard. Et dans la salle, il y avait Christian Lavigne, maire de Labège. Ce dernier soutient la candidature de Marie-Régine Bardoux, candidate des Verts, tout en étant lui-même adhérent du PS.

Et sur quoi ont porté les questions ? Je vous le donne en mille : le prolongement de la ligne B ! 15 minutes de Christian Lavigne qui rappelle la situation et son historique de son point de vue, suivies d’un revers cinglant de Jean-Jacques Mirassou qui lui a justement reproché de punir Muriel pour des faits dont elle n’est pas responsable. Et ça a continué sur le sujet pendant une grosse demi-heure, entrecoupées d’une intervention d’un jeune du MJS qui a justement rappelé les méfaits de Sarkozy et la nécessité de les avoir en tête au moment de voter, et d’une apostrophe d’un militant PS demandant à Christian Lavigne ce qu’il fait au PS (pas de réponse).

J’ai fini par demander la parole après avoir entendu moult rappels de l’absence de compétence du Conseil général pour les transports en commun (ce qui est vrai). Et j’ai laissé éclater mon indignation : se focaliser sur un problème qui concerne moins de 2% du budget du Conseil général alors que dans le même temps, l’action sociale qui représente plus de 60% du budget était absente des préoccupations, alors que la crise est là qui crée toujours plus de souffrances et de démunis, alors que la candidate verte ne parle que de verdure et jamais de social, qu’aucun des tracts qu’elle a réalisés ne se préoccupe d’autre chose que de verdure et de transports, alors que seule Muriel a mis au point un programme qui prend en compte le social, eh bien oui cette position de soutenir la verte est scandaleuse, et c’est oublier le cœur de la campagne.

J’irai plus loin ici : la position de Christian Lavigne est indigne. Il instrumentalise son propre vote. Son soutien à Marie-Régine Bardoux n’est pas un soutien : c’est un vote contre le PS. Cette position est foncièrement malhonnête. Si Marie-Régine Bardoux avait un vrai programme social, je pourrais comprendre le choix de la soutenir. Mais enfin Christian Lavigne est au PS, pour lequel le social (et l’éducation !) est particulièrement important. Comment peut-il sans s’étouffer de honte soutenir une candidate qui, si sympathique soit-elle, n’a pour le moment montré aucun goût pour le social dans sa campagne, sauf pour défendre les transports en commun ? Une candidate dont le programme est d’une grande indigence ? Ce n’est pas diminuer l’importance de la problématique des transports que de le dire : Marie-Régine Bardoux n’a pour le moment parlé que de transports, oubliant plus de 60% du budget du Conseil général.

Ce qui m’indigne, ce n’est pas la colère de Christian Lavigne sur les transports : c’est sa malhonnêteté intellectuelle et ses positions médiatiques bassement politiciennes dans ces élections cantonales. Le symbole d’un âge que l’on voudrait révolu, mais qui régulièrement revient. Ces comportements ne cesseront jamais de m’indigner.

Carla se dévoile (encore !)

mercredi 2 février 2011
Carla Bruni-Sarkozy penchant à droite (source The Independant)

Carla Bruni-Sarkozy penchant à droite (source The Independant)

Par Saint Nicolas ! Elle que l’on disait de gauche ! Enfin, c’est ainsi qu’on l’avait présentée lorsque les premiers échos d’une idylle avec le Sauveur de Neuilly avaient paru dans la presse.

Las, voici qu’aujourd’hui, tout en souplesse, Carla Bruni-Sarkozy fait son coming-out : elle ne se sent plus vraiment de gauche. Pire encore, elle n’a jamais voté pour la gauche en France.

C’est un tel choc dans les sections socialistes des villes minières du Nord, dans lesquelles la première dame faisait l’objet d’un véritable culte pour sa proximité avec les français d’origine modeste.

Soyons sérieux deux secondes. Cela ne surprendra que les naïfs qui ont un jour cru Carla Bruni de gauche. Si elle l’a été, c’était en Italie, et cela doit remonter bien loin.

C’est l’avantage de Nicolas Sarkozy : il fait tomber tous les tabous. Il y a même des artistes qui assument maintenant d’être de droite. Evidemment, c’est une fois qu’ils n’ont plus de carrière qu’ils le font. Ou alors juste avant. Un peu comme un chant du cygne. Tiens, à propos, Carla préparerait un nouvel album : vivement sa sortie et ses chiffres de vente !

Les Molex, ces chênes abattus

mardi 1 février 2011
Image extraite du documentaire "Les Molex, des gens debout" (Arte)

Image extraite du documentaire "Les Molex, des gens debout" (Arte)

J’avais raté la diffusion initiale du documentaire qu’Arte a consacré aux Molex. Mais grâce à leur merveilleux site Arte+7, j’ai pu le visionner ce soir.

Le documentaire est poignant. Mais ses auteurs n’ont rien à voir là-dedans. Ce sont les Molex qui font tout. Déjà cette dénomination qui en fait un collectif : les Molex, tout comme les Conti pour Continental. Et ensuite leurs réactions, leur dignité, leur sincérité, leur foi dans la justice.

Et cette justice, il faut en parler. Malheureusement, le documentaire ne l’a pas fait. Pas assez en tout cas. On en ressort en sachant seulement que Molex a violé une décision de justice en refusant de laisser les salariés revenir sur le site, et qu’ils n’ont pas versé les salaires pendant plusieurs mois alors que les salariés avaient repris le travail. Il manque tout le reste : qu’aurait dû faire le gouvernement pour faire exécuter la décision de justice ? Dans quelle mesure les Molex auraient-ils pu agir contre le non versement de leurs salaires ? Pourquoi Christian Estrosi ne s’est-il pas démené auprès de ses collègues du gouvernement pour faire appliquer le droit ? De tout cela le spectateur ne saura rien.

Et voilà le drame de ce documentaire : c’est que les journalistes n’ont pas fait leur travail. Ils se sont contentés d’être présents et de tendre leur micro aux Molex. Pire encore, on en retire le sentiment que les Molex ont été laissés seuls. Il faut rappeler que des hommes politiques se sont déplacés jusqu’à eux : on était dans le contexte des élections européennes, la gauche ne pouvait faire moins (elle n’a pas fait beaucoup plus : que pouvait-elle faire d’ailleurs ?).

Ce documentaire est un exemple de « maljournalisme » pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Tailleur : il ne contextualise pas les faits, il ne questionne pas les acteurs (les questions posées à Estrosi sont remarquablement creuses et ne le mettent pas en difficulté), il ne montre pas les erreurs des Molex, il ne pointe pas les responsabilités.

Les seuls vrais journalistes sont les héros de ce documentaire : les Molex. Ils n’ont pas la formation, mais ils nous ont au moins pointé du doigt ce qui était mal dans l’attitude de Molex, suscitant ainsi notre indignation. Malheureusement, toute l’indignation du monde ne suffit pas face à des voyous qui violent le droit avec la complicité d’un gouvernement passif.