Archive pour mars 2011

Arnaud Lafon, ou la droite honteuse

vendredi 25 mars 2011

Ainsi donc le premier tour de ces élections cantonales a placé en tête deux candidats : Muriel Pruvot pour le PS et Arnaud Lafon… pour lui-même. Enfin, officiellement pour lui-même.

Il est vrai que les élections cantonales, qui sont des élections de personnes (et pas des scrutins de listes) voient fleurir les candidats sans étiquette à travers toute la France. Et après tout, pourquoi pas quand c’est réellement le cas ! Dans des cantons où la population est peu importante et éparse, où le conseiller général est une figure que chacun reconnaît dans la rue, sa couleur politique peut être indifférente aux citoyens. Je ne suis pas foncièrement convaincu par l’argument, mais admettons.

Là où cela devient farce, c’est quand ledit candidat, qui se présente comme « indépendant et sans étiquette », ne fait que poursuivre une stratégie électoraliste et personnelle. Parce qu’entendre Arnaud Lafon se présenter comme indépendant, ça vous estomaque un Castanéen, et même un Midi-Pyrénéen. Comment donc, le maire de Castanet-Tolosan, qui s’est fait élire sous l’étiquette du Modem, qui a porté haut et fort (enfin, pas très haut quand on regarde les résultats) les couleurs du Modem aux élections régionales de 2010, ce maire viendrait aujourd’hui nous dire qu’il se présente sans étiquette ? Que lui est-il arrivé ? A-t-il rendu sa carte du Modem (on me souffle que non) ? A-t-il eu la révélation du « ni droite, ni gauche » ?

Eh bien non. La réalité est plus terre-à-terre : Arnaud Lafon sait depuis les régionales que l’étiquette Modem n’est vraiment pas vendeuse dans notre région (euphémisme), et que l’étiquette UMP équivaut carrément au baiser de la mort dans la Haute-Garonne. Mais cette étiquette UMP, si elle n’est pas bonne à afficher, il la porte quand même. Car la petite magouille d’Arnaud Lafon gagne à être connue : il a obtenu le soutien de l’UMP (et certainement le financement) en échange de son inscription en préfecture en tant que candidat de la majorité présidentielle.

Arnaud Lafon a donc fait le choix de mentir aux électeurs sur sa couleur réelle : quand Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, a annoncé les résultats du premier tour des cantonales, en donnant 30% de « majorité présidentielle », les voix données à Arnaud Lafon ont été comptées dedans. Elle est pas belle son indépendance ?

Il gagnerait à s’inspirer d’un de ses collègues du Modem, Olivier Charles, candidat certes malheureux sur le canton de Toulouse I (avec 2,35%), mais qui avait choisi de porter les couleurs de son parti sans nouer un pacte faustien avec l’UMP, et s’en justifiait ainsi sur son site de campagne :

Pour ces élections cantonales, force est de constater que nombre de candidats vont se présenter sans étiquette, ou essayer d’en amenuiser le sens.
Il faut que nous soyons bien déçus, certainement trop baignés dans une information continue que nous ne choisissons plus. Visiblement lassés par une ambiance politicienne malsaine.

Lorsque l’on a déjà été élu, les actions d’un mandat peuvent être une sorte de garantie pour l’électeur. Mais lorsque l’on se présente pour la première fois, en particulier en milieu urbain, l’étiquette politique permet aux électeurs d’identifier clairement les valeurs portées par le candidat.

Peut-on se présenter à une élection sans vouloir faire de la politique, sans aimer se consacrer à organiser le vivre ensemble d’une société? Dans mon cas, l’investiture du MoDem est la garantie de mes engagements et la reconnaissance de mon parcours.

Arnaud Lafon, candidat sans étiquette, sans odeur, sans saveur autre que celle du métro (action sociale ? collèges ? développement économique ? routes ? il n’a parlé de rien de cela), est aussi rassurant que les bagages sans étiquette que l’on retrouve dans les aéroports : on ne sait pas ce qu’il y a dedans, et on n’a pas franchement envie de l’ouvrir pour regarder.

Ça fait une excellente raison de plus de voter pour Muriel Pruvot ce dimanche 27 mars 😉