Dallas-Tolosan

Arnaud Lafon n’a décidément pas de chance. Alors qu’il s’efforce de faire parler de lui dans la presse, Dominique Strauss-Kahn a décidé de lui voler la vedette.

Pourtant, Arnaud Lafon avait de solides arguments pour faire parler de lui.

Castanet-Tolosan, ton univers impitoyable

Première couche : il met fin aux fonctions de son directeur général des services, Pierre Leroux, en invoquant la perte de confiance. Bien vu : Pierre Leroux a décidé de ne pas se laisser faire, et de donner un maximum d’exposition médiatique à l’affaire. Il a bien joué : trois articles dans La Dépêche, un article dans Voix du Midi. Il faut dire qu’une grève de la faim et une occupation de son bureau, ça donne envie aux journalistes locaux de faire un article un peu plus épicé que le bilan de la saison de pétanque.

Pierre Leroux, déçu du lafonisme (source DDM)

Pierre Leroux, déçu du lafonisme (source DDM)

Mais ça ne suffit pas d’avoir lancé la machine médiatique, il faut continuer à l’alimenter. Qu’à cela ne tienne : un bon conseil municipal y pourvoit. Quand dans ce conseil Arnaud Lafon annonce le départ de Pierre Leroux et que celui-ci est présent dans la salle, on peut espérer un coup d’éclat. C’est certainement ce que craignait Arnaud Lafon, puisqu’il avait fait venir deux policiers municipaux. Ce qui a donné lieu à un moment tendu : quand Pierre Leroux s’est levé pour partir, alors qu’Arnaud Lafon venait lui-même de partir, les policiers se sont regardés, l’air surpris. Puis l’un d’entre eux a voulu rattraper Pierre Leroux, mais il est remonté sans l’avoir trouvé. Panique à bord. Mais après 2 minutes de recherche, force fut de constater que Pierre Leroux était parti se coucher dans son van jaune sur le parking. Sur le papier, on croit lire du Labiche, mais en conseil municipal, on craint de jouer dans un Hitchcock.

Y a-t-il un management à Castanet ?

Mais au-delà des péripéties, qui seraient drôles si l’avenir professionnel d’un homme n’était en jeu, cet énième conflit d’Arnaud Lafon avec un fonctionnaire montre bien combien ce maire est incapable de diriger correctement ses équipes. Pierre Leroux est le 3ème directeur général des services (DGS) à avoir recruté par Arnaud Lafon. Une seule est partie de son plein gré, et encore : les deux autres ont donc été remplacés sans ménagement, leur chômage étant payé par la commune. Il faut ajouter à cela une grève des employés municipaux en septembre 2008. Le « dialogue social » et les relations humaines au travail sont donc deux points particulièrement faibles d’Arnaud Lafon.

Le Madoff de Castanet ?

Aussi inquiétantes sont les révélations du DGS sur les emprunts contractés par la ville : un emprunt toxique aurait été contracté en 2006, et il représenterait 50% de la dette de la ville. Voilà qui est rassurant : il suffirait donc qu’un paramètre ésotérique comme le taux de change entre le yen et le franc suisse bouge pour que les taux augmentent ? Il serait bon d’avoir les détails de cet emprunt. Peut-être les anciens élus de Place Publique en diront-ils plus sur leur site ?

On voudrait pouvoir rire de cette situation. Mais on finit par être consterné par autant de mépris et d’amateurisme qui se font au détriment des Castanéens. Vivement 2014 !

2 commentaires sur “Dallas-Tolosan”

  1. Martinez Serge-Place Publique dit :

    Bonjour Patrick,
    Concernant l’emprunt toxique, nous avions alerté le conseil municipal en son temps : il suffit de lire la lettre d’informations que nous rédigions apres chaque conseil. Tu peux rajouter aussi le scandale du groupe de travail de MR Bardoux sur S. Mancet : toutes les options etaient ouvertes (déviation) d’après l’elue verte. Lundi le Sicoval a voté « la transformation de la déviation routière en TCSP ». Cordialement,

  2. Pascal Joly dit :

    Bonjour,

    Je suis employé municipal à Balaruc les Bains, l’ancienne ville de M. Leroux. Pourriez-vous le donner le bonjour de ma part? J’étais menuisier à l’époque ou il est arrivé chez nous, puis magasinier. Je suis aujourd’hui jardinier.

    Par avance merci, et dites-lui que je l’ai toujours apprécié.

    Pascal Joly, Balaruc.

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