Archive pour avril 2012

La dynamique du changement

lundi 23 avril 2012
François Hollande (source : 20 minutes)

François Hollande (source : 20 minutes)

Le premier tour est tout chaud, pas encore fini de dépouiller, et les premiers résultats sont sans appel : François Hollande a réussi son pari d’impulser une dynamique autour de sa candidature.

Premier enseignement : la dynamique est vraiment à gauche. Près de 45% des électeurs ont choisi de voter à gauche, ce qui est un record historique pour une élection présidentielle. Le second tour devrait donc être favorable à François Hollande. Mais les sondages ne feront pas l’élection, et nous tous militants allons mettre les deux semaines qui viennent à profit pour poursuivre le porte-à-porte et les actions de terrain pour mobiliser encore plus pour le second tour du 6 mai.

Deuxième enseignement : Nicolas Sarkozy est remarquablement désavoué. Jamais président sortant n’était arrivé second en se représentant. Il avait pourtant fait le vide autour de lui, contrairement à Chirac en 2002, et malgré cela il n’atteint pas la première place. 3 Français sur 4 ont voté contre Sarkozy. Quoi d’étonnant : quand même Natacha Polony en arrive à taper sur le programme de Sarkozy qui comporte de nombreuses reprises de son programme de 2007, quand en plus ce programme se limite à 32 propositions dont l’indispensable versement des retraites au premier du mois au lieu du 8, le résultat de ce dimanche 22 avril vient simplement confirmer que les Français ne sont pas dupes de l’essoufflement d’un Sarkozy qui n’a plus de vision pour la France.

Troisième enseignement : l’échec de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité et ses discours et politiques qui ont divisé la France ont dynamisé Marine Le Pen qui réalise le score le plus important du FN aux présidentielles. Il y a certes une partie des électeurs de Marine Le Pen qui l’ont choisie parce qu’ils anticipaient par avance l’échec de Sarkozy, mais c’est plus globalement l’échec de la stratégie de phagocytation du FN par l’UMP qui est révélée par ce score bien trop élevé.

D’autres leçons seront à tirer de ce premier tour. Mais le plus important reste que notre mobilisation à tous est plus que jamais nécessaire. Dimanche 6 mai, François Hollande doit être élu président, pour donner corps au changement et rassembler une France divisée depuis trop longtemps. Le changement, c’est dimanche 6 mai.

Présidentielles : la dernière ligne droite

jeudi 5 avril 2012

Ainsi donc on nous a vendu le croisement des courbes du premier tour comme étant le signe qu’enfin, la peur changeait de camp. On allait voir ce qu’on allait voir, la remontée de Sarkozy dans les sondages de second tour n’était plus qu’une question de jours, et Hollande allait se retrouver carbonisé. Nous avions eu tort d’être euphoriques.

Nous sommes aujourd’hui à 17 jours du premier tour, même pas trois semaines, et les incantations sarkozystes n’ont pas fait bouger les sondages de second tour. Mais elles ont eu au moins un mérite : celui de remettre en selle ceux d’entre nous qui avaient trop rapidement cru à une victoire facile, assurée, qui s’étaient épanchés dans la presse sur un match plié d’avance.

Aucune élection n’est jouée d’avance, et encore moins l’élection présidentielle que les autres. Beaucoup d’électeurs n’aiment pas qu’on leur présente la victoire de tel ou tel comme déjà acquise. Mais force est de constater que François Hollande est aujourd’hui à un niveau exceptionnel dans les sondages, compte tenu de la présence de 4 autres candidats à gauche (même 5 si on compte l’inexistant Jacques Cheminade) alors que Nicolas Sarkozy n’a que 2 concurrents à droite (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan), et que François Bayrou semble attirer un électorat qui se reportera pour un tiers sur chacun des deux principaux candidats. A quoi est-ce que cela tient ?

Hollande, candidat sérieux

D’abord au remarquable travail entrepris par François Hollande. Passé de Monsieur Petites Blagues au candidat presque trop austère, il a démontré sa volonté farouche d’être notre prochain président. Aux yeux des français, son changement est réel, en accord avec son slogan. Les 60 propositions de son programme sont connues depuis le 26 janvier, les mesures emblématiques ont tout à la fois installé des marqueurs de gauche (60.000 emplois dans l’éducation, 75% pour la tranche supérieure d’impôt des millionnaires) et de crédibilité (déficit à 3% dès 2013, retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2017, effectifs de la fonction publique constants), et son message est resté le même depuis qu’il s’est lancé dans les primaires : la jeunesse, la justice fiscale, la production.

Mais ce qui lui donne cette assise et cette confiance, c’est également cet avertissement, pour nous et pour lui-même, qu’il n’a cessé de marteler : autant Nicolas Sarkozy aura été un mauvais président, autant il saurait être un bon candidat. Force est de constater qu’il a eu raison. Et d’avoir su jauger son adversaire très en amont lui aura permis d’ajuster sa stratégie, réussissant même à passer au travers des tueries toulousaines sans être éclipsé par un Nicolas Sarkozy soudain devenu protecteur de la Nation.

« Le changement, c’est tout le temps » (N. Sarkozy)

Car en face de lui, effectivement, Nicolas Sarkozy montre tout ce que l’on peut faire en basant sa campagne uniquement sur des artifices de communication. Le roi n’est hélas pas nu pour tout le monde : il ne peut pas se vanter de son bilan, qui est catastrophique, il n’a pas de projet, et il veut faire croire aux Français qu’il saura quoi faire pour son prochain mandat puisqu’il a commis toutes ses erreurs pendant ce mandat-ci.

Et voici qu’aujourd’hui il ressort son mantra de 2007 : il a changé. Si Nicolas Sarkozy avait vraiment changé, il n’aurait pas besoin de le dire : cela se verrait, cela se saurait. Au contraire de François Hollande, qui n’a eu qu’à attendre que les journalistes lui demandent pourquoi il avait changé et comment il l’avait fait, Nicolas Sarkozy a cru nécessaire de le signaler. La ficelle de communication est grosse, mais elle n’empêchera pas quelques électeurs de droite d’y croire, car ils acceptent de croire aux mensonges, pourvu qu’ils soient de droite. Ils me rappellent ces spectateurs du film « Le Président » : Georges Frêche y est vu racontant une anecdote larmoyante sur son grand-père, qui émeut le public, et quelques instants après, il révèle que cette anecdote est absolument fausse, faisant rire le même public. Oui, décidément, certains électeurs aiment être pris pour des cons, validant l’élégante formule de Frêche.

Là réside toute la différence entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : l’un compte sur l’intelligence et l’envie de changement et de progrès, l’autre sur le conservatisme, l’aveuglement et l’oubli. Deux France différentes, deux visions distinctes de notre avenir. Et parce que je veux un avenir meilleur, un avenir plein d’espoir, plus que jamais, je voterai François Hollande aux deux tours.