Archive pour février 2013

L’Office de la tranquillité, pour renouer le dialogue

mardi 26 février 2013
Fonctionnement de l'office de la tranquillité (source : ville de Toulouse)

Fonctionnement de l'office de la tranquillité (source : ville de Toulouse)

Ce soir, le journal télévisé de 20h de France 2 consacrait un sujet de 5 minutes à l’Office de la tranquillité de Toulouse.

Je vous conseille de regarder ce reportage, à partir de 14’39 dans le journal. Cette initiative de l’équipe municipale de Pierre Cohen est remarquable. Dans nos villes où les rapports entre voisins se durcissent, où les petits conflits virent rapidement au judiciaire, à l’appel aux forces de l’ordre pour intervenir, Pierre Cohen a fait le choix de remettre du dialogue entre ceux qui ne se parlent plus. Les agents de l’Office ne sont pas des représentants des forces de l’ordre : ils sont des médiateurs entre deux personnes qui ne savent plus, ne veulent plus se parler. L’exemple choisi est d’ailleurs étonnant : la solution de compromis dégagée (baisser le son de la chaîne de moitié) aurait pu être trouvée facilement par les deux voisines.

Il est désolant de voir que des voisins en arrivent à des niveaux d’affrontement tels que le dialogue direct semble totalement rompu. Mais il est rassurant de voir qu’il est encore possible de trouver des solutions sans passer par la justice ou la police. Une ville qui favorise le dialogue entre voisins n’est-elle pas plus souhaitable qu’une ville qui laisse aux avocats et aux forces de l’ordre la responsabilité de ce « dialogue » ?

Castanet : l’agressivité au lieu de l’exemplarité

mercredi 20 février 2013
Les panneaux de signalisation qui posent question

Les panneaux de signalisation qui posent question

Lors du conseil municipal du 31 janvier, l’opposition, par la voix de Dominique De La Lande, a posé une question orale sur les panneaux de signalisation des commerces. En effet, certains commerçants sont allés expliquer à l’opposition qu’ils ne comprenaient pas que l’adjointe au maire (Nadia Nuffer) vienne récupérer les chèques destinés à l’entreprise qui réalise les panneaux, et qu’ils trouvaient que le prix payé était trop élevé (cf. l’article de La Dépêche dans lequel Patrice Tournon, ancien président de l’ACE, précise son propos). Après des explications un peu longues et confuses de l’adjointe concernée, Arnaud Lafon a indiqué qu’il portait plainte contre Dominique De La Lande pour diffamation sur la partie relative au prix trop élevé.

Je ne suis pas avocat en droit de la presse, mais tous les échos que j’ai pus avoir indiquent que si plainte il y avait, elle irait droit au panier car le procureur estimerait que les faits ne sont pas caractérisés. Mais ce n’est pas la question la plus importante de cette escarmouche.

Ce qui est en jeu ici, c’est l’exemplarité en politique.  Aujourd’hui, le rapport des Français à la politique se caractérise par la méfiance (cf. le dernier baromètre du Cevipof à ce sujet, page 4), et même les conseils municipaux voient leur popularité chuter de 10 points (66% à 56%) en 3 ans (cf. page 13 du même baromètre). Alors dans ce cadre, l’exemplarité est indispensable. Il ne suffit pas de répondre, à ceux qui s’étonnent qu’un élu se fasse l’intermédiaire dans la relation commerciale entre une entreprise et les commerçants, que c’est légal : la réponse est en décalage total par rapport au fond du problème. Il aurait fallu reconnaître l’erreur clairement. Il aurait fallu saisir l’occasion pour purger l’abcès.

Au lieu de cela, Arnaud Lafon a choisi de renforcer le soupçon en annonçant une plainte pour diffamation. Et du coup, l’affaire a été relancée de plus belle par voie de presse (cf. l’interview de Patrice Tournon mentionnée plus haut).

Quand on compare Dominique De La Lande et Castanet en Mouvement, qui portent l’exigence de transparence et d’exemplarité au sein du conseil municipal, et Arnaud Lafon, qui décide d’éliminer le porteur de mauvaises nouvelles, on voit vite qui installe la méfiance et qui s’efforce de la dissiper. Plus que jamais, vivement 2014.