Archive pour la catégorie ‘Socialiste !’

Parution du livre « Ayons de l’audace ! L’appel d’une jeunesse vigilante »

mardi 20 août 2013
Couverture du livre "Ayons de l'audace !"

Couverture du livre "Ayons de l'audace !"

Aujourd’hui paraît le livre « Ayons de l’audace ! L’appel d’une jeunesse vigilante » aux éditions de l’Encyclopédie du Socialisme (disponible sur le site Ayons de l’audace). Ce projet collectif a été initié au lendemain des élections présidentielles de 2012, afin de montrer que oui, les jeunes de gauche sont plus mobilisés que jamais pour défendre les idées progressistes. Les contributeurs viennent des partis politiques mais aussi des milieux associatifs ou syndicaux. Une bonne partie sont du PS, mais il y a aussi des contributeurs issus d’EELV ou du PRG. C’est tout le talent d’Hadrien Ghomi et du comité de rédaction que d’avoir réussi à fédérer ces contributeurs et à faire publier ce livre.

Dans la fédération PS de la Haute-Garonne, nous sommes deux à avoir contribué à ce projet : Nataly Breda (égalité hommes-femmes) et moi-même. Quand Hadrien m’a sollicité pour contribuer, plusieurs domaines étaient encore disponibles. J’ai choisi de rédiger le chapitre sur l’agriculture (disponible en fin de ce billet). Ce domaine n’a pas les faveurs de la gauche en général : les agriculteurs sont majoritairement de droite, et peu sensibles aux efforts des gouvernements progressistes en leur faveur. Pourtant, le changement passe aussi par l’élaboration d’un nouveau modèle agricole, plus respectueux de l’environnement, de la santé des agriculteurs et des consommateurs, et plus juste. C’est d’ailleurs le chemin pris par l’actuel ministre Stéphane Le Foll, qui a annoncé en décembre 2012 son projet agro-écologique et vient de signer une contribution écologique avec trois autres ministres. Preuve, si besoin en était, que les progressistes marquent leur différence avec les conservateurs dans tous les domaines de la vie publique.

Une agriculture durable pour une alimentation saine

Une agriculture durable pour une alimentation saine

Convention Europe : « Notre Europe »

mercredi 5 juin 2013

Le PS vote ce jeudi soir le texte de sa convention sur l’Europe. Ce texte servira de base à la discussion avec les autres partis socialistes d’Europe pour l’élaboration d’un programme commun aux élections européennes de 2014.

Certains pourraient trouver que le PS se trompe à débattre en interne sur un sujet qui n’est pas au coeur des préoccupations des Français. Rien ne serait plus faux.

Il y a urgence à parler d’Europe. La gauche y est minoritaire (8 chefs de gouvernements sur les 27), et les conservateurs s’y entendent pour cantonner l’UE à une vaste zone de libre échange, sans accroître la solidarité ni compléter l’échelon européen avec de vrais pouvoirs. L’obstruction de la droite contre des projets comme la taxation des transactions financières, et plus largement toute mesure d’harmonisation et de bridage des excès de la finance, ruine l’idéal européen.

Pourtant, l’Europe a été créée pour apporter des solutions, non pour que les gouvernements puissent hypocritement se défausser de leurs responsabilités. Ce sont les années d’intergouvernementalisme et de défausse menées successivement par Chirac puis par Sarkozy qui ont miné la confiance des Français dans l’Union Européenne : alors que 60% de nos concitoyens avaient confiance en l’Europe en 2012, ils ne sont plus que 41% cette année.

L’argument sur « les vrais problèmes et l’Europe n’en fait pas partie » n’est valable que si l’on considère que la politique doit suivre les citoyens, et non les entraîner vers un idéal collectif. Mais c’est justement l’honneur du PS que de faire preuve d’un courage qui, disait Jaurès, est « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel. » C’est parce que les Français désespèrent de l’Europe que le PS doit redonner espoir en elle, doit montrer qu’une autre Europe est non seulement souhaitable, mais plus encore possible. C’est pour cela que le PS doit débattre de l’Europe, car ce débat est urgent.

Notre texte comporte beaucoup de mesures sur lesquelles je gage que quasiment tous les camarades seront d’accord. Il fait malheureusement l’impasse sur l’architecture institutionnelle de l’Europe. Mais il constitue le premier pas vers un programme concret de gouvernement de l’Europe, fondé sur les valeurs socialistes de solidarité, de justice, de progrès, et les valeurs républicaines de démocratie, de liberté et d’égalité.

Ce texte est une contribution importante à la réorientation de l’Europe. Rien que pour cela, il mérite d’être largement voté par les socialistes Français. Plus nous serons nombreux à voter ce texte, plus nous montrerons aux dirigeants du PS et des autres partis socialistes d’Europe, aux Français et aux autres citoyens d’Europe que désormais, la question européenne est primordiale pour le PS.

Congrès PS et UMP : fin de cycle

mardi 4 décembre 2012

Le congrès de Toulouse du PS vient à peine de s’achever, et celui de l’UMP n’en finit plus de se terminer.

Au PS, un congrès « normal »

Pour le PS, ce congrès vient clore un cycle qui s’est mal commencé : défaite de Ségolène Royal en 2007, désastreux congrès de Reims avec ses accusations de tricherie et sa synthèse bancale. Mais après cette phase douloureuse, complétée par la spectaculaire défaite des européennes en 2009, le parti s’est ressaisi pour se remettre au travail. Des réformes internes ont été entreprises, validées par les militants un peu trop rapidement pour que tout le monde en saisisse bien les implications. Le travail de fond sur le projet a été entrepris, même si sur certains domaines on peut regretter la faiblesse du travail opéré. Et enfin, cerise sur le gâteau de la rénovation, les primaires citoyennes ont permis un grand élan de mobilisation du peuple de gauche, avec un véritable débat de fond, et la désignation d’un candidat avec une forte légitimité. Tout ce travail a conduit à la belle victoire du 6 mai 2012.

Comme lors des victoires de 1981 et 1997, le PS a fait le choix de l’unité et du rassemblement au sein d’une motion ultra-majoritaire. C’est la conséquence de deux contraintes :

  • Les motions sont des textes d’orientation de politique générale, qui indiquent la politique nationale que le PS portera jusqu’à son prochain congrès.
  • La nécessité de soutenir et défendre l’action de François Hollande et du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

La conséquence logique de ces deux éléments est la motion dont la ligne est celle que François Hollande a défendue pendant les primaires puis pendant la campagne présidentielle. Les représentants des autres motions ont certes indiqué qu’ils étaient hollandais, mais ils défendaient dans le même temps des orientations et des propositions qui non seulement n’étaient pas dans la ligne que François Hollande a toujours défendue, mais en plus n’avaient pas reçu l’onction du suffrage universel, au contraire du programme présidentiel de François Hollande. Quelle légitimité donc pour ces propositions partisanes face à la légitimité du peuple ?

On peut déplorer que le débat de fond ait été limité par ces deux contraintes. Il me semble que notre parti devrait se poser la question de l’organisation de ses congrès de lendemain de victoire nationale : ne pourrait-on par exemple envisager d’avoir des motions débattant de nos orientations de politique locale, puisque notre parti porte haut et fort son ambition décentralisatrice ?

Un dernier mot pour ce congrès sur Harlem Désir. Les conditions de sa désignation ne sont certes pas les meilleures que l’on pouvait souhaiter. Il n’est pas pour autant le choix par défaut. Parmi les camarades qui ne sont pas au gouvernement, il est assurément le plus compétent, le plus fiable, et le plus respecté par les militants. Il a montré lors des primaires citoyennes sa capacité à assurer l’indépendance du parti et le respect de l’égalité de traitement des candidats. Un autre choix a un temps été envisagé, celui de Jean-Christophe Cambadélis, mais sa candidature n’aurait pas recueilli un vote suffisamment favorable des militants. Harlem Désir était donc le meilleur choix possible pour le PS, et il sera un premier secrétaire fidèle à la majorité présidentielle.

L’UMP est en ruines

Ce constat peut sembler excessif, mais les rebondissements permanents de ces derniers jours montrent que la sérénité est loin de revenir à l’UMP. Jean-François et François n’arrêtent plus de se rencontrer, semblant ignorer que les militants ne peuvent plus les voir. Nathalie et Bruno reviennent sur le devant de la scène en disant qu’un nouveau vote serait une bonne idée. A l’Assemblée Nationale, les UMP et RUMP feront prochainement bancs à part.

Cette situation a une cause importante : la permanence de Nicolas Sarkozy à l’UMP, qui est devenu le retraité le plus actif de la politique tout en siégeant au Conseil Constitutionnel. Parce que l’UMP n’a pas fait son deuil de Sarkozy, parce qu’elle refuse d’ouvrir les yeux sur les raisons de son rejet en 2012, elle s’est lancée dans une course effrénée au « plus sarkozyste que moi tu meurs », en totale déconnexion avec les Français.

Mais Nicolas Sarkozy lui-même est aujourd’hui dépassé : son intervention dans les coulisses a totalement échoué, Copé et Fillon étant aujourd’hui enfermés dans leur logique mortifère et sourds à tout appel à la raison. Preuve qu’aujourd’hui, Sarkozy a lui aussi perdu la main.

Certains font le parallèle avec le congrès de Reims du PS, qui nous avait vus nous entre-déchirer devant toute la France, et en déduisent que l’UMP peut se remettre rapidement, comme le PS l’a fait en emportant toutes les élections depuis 2010. La comparaison est faussée : le PS était dans l’opposition depuis 2002 au plan national, et il avait eu le temps de faire un bilan du jospinisme et de réaliser un travail programmatique. A contrario, l’UMP reste prisonnière du sarkozysme, toute à son culte du grand homme et à sa nostalgie. Elle en oublie le travail de fond, comme en témoigne la victoire de la Droite forte, bien à droite de l’UMP, dont l’ancrage idéologique est aussi fiable que celui de ses deux co-animateurs, l’un venu du FN1 et l’autre de la gauche de l’UMP2.

Aujourd’hui, l’UMP n’a plus ni leader ni programme. Elle ne peut pas gagner les présidentielles de 2017 sur ses propres forces. Elle doit donc parier sur un échec de François Hollande et une division de la gauche. A nous de lui donner tort.

  1. Guillaume Peltier a été membre du FN []
  2. Geoffroy Didier a été membre de la Diagonale, club des sarkozystes de gauche (prière de ne pas rire) []

François Hollande : après l’espoir, la confiance

lundi 6 février 2012
François Hollande au meeting du Bourget le 22 janvier (Reuters)

François Hollande au meeting du Bourget le 22 janvier (Reuters)

Le souffle des primaires était retombé. Beaucoup de militants se demandaient si la campagne de François Hollande ne patinait pas un peu. Les bons sondages peinaient à masquer que les sondés ne voyaient pas une stature présidentielle dans la personne de François Hollande. Certes, il avait prévenu qu’il allait s’astreindre à une cure de silence jusqu’à la fin 2011, à cause des comptes de temps de parole du CSA. Mais enfin, beaucoup craignaient une normalisation qui tirait sur la banalisation.

La révélation du Bourget

Et puis le meeting du Bourget. 22 janvier 2012. Annoncé à 13h30. Du monde devant les portes dès 12h30. Nécessité d’ouvrir une deuxième salle pour accueillir 25.000 personnes en tout. Grande sobriété : 4 chansons de Yannick Noah, puis le discours de François Hollande.

Une stature véritablement présidentielle. Un discours indéniablement à gauche. Un discours en trois temps : la conception de la présidence de la République, l’aspect personnel (le fameux « fendre l’armure »), et les propositions avec les engagements.

Le choc fut total : l’adversaire UMP était pris au dépourvu, réduit à commenter la présence de Yannick Noah et à ressortir les critiques stéréotypées. Pardi, personne n’attendait les propositions, qui étaient prévues pour le jeudi ! Et l’UMP escomptait que les voeux aux outre-mers de Sarkozy éclipseraient l’entrée en campagne solennelle de François Hollande. Piètre calcul.

L’inquiétude fut balayée. Quel bonheur de lire l’enthousiasme de tous ceux qui doutaient, leur confiance revenue ! Un ami qui avait soutenu Montebourg me dit même qu’il pensait qu’aucun autre candidat à la primaire n’aurait pu faire un discours aussi remarquable.

L’homme présidentiel

Puis la présentation du projet, et surtout le passage dans « Des paroles et des actes ». On annonçait une boucherie : Hollande pulvérisé par Juppé. On a vu, oui.

D’abord François Hollande montrant toute sa détermination, tout le travail accompli pour être à la hauteur de la rencontre avec les Français, toute la hauteur de vue que l’on attend d’un futur président.

Ensuite, François Hollande impassible face à Alain Juppé. Un Juppé à la peine pour défendre le bilan calamiteux de Sarkozy, un Juppé qui perd ses nerfs quand Hollande le renvoie à son échec face à Merkel, un Juppé revenu à son arrogance. François Hollande, avec calme et détermination, renvoie Juppé à son bilan, expose ses priorités, ses choix, et en arrive à faire dire à Juppé « on verra ce que vous ferez » : la défaite a déjà été intégrée côté Juppé.

Sarkozy qui rame

Face à la révélation Hollande, à ce rouleau-compresseur qui a dominé l’agenda médiatique par sa rigueur, sa préparation, sa stature, Sarkozy a tenté de réagir. En montant lui-même au créneau, puis en envoyant Fillon. Double échec.

L’interview de Sarkozy était pour le moins surréaliste. Dans la « salle des fêtes » (jeu de mots involontaire ?) de l’Elysée, étalant ses riches tentures et ses dorures en pleine période de crise et de chômage endémique, Sarkozy apparut petit et isolé. 4 journalistes, et pas des plus féroces1, pour un président en fin de course, et qui flairant l’odeur de la défaite ont pour certains osé des relances ! Un Sarkozy qui faisait président avant son élection en 2007 et dont aujourd’hui tous les tics sont revenus, comme pour démontrer que l’homme a perdu toute maîtrise de soi, allant même jusqu’à apostropher agressivement ses interviewers. Un Sarkozy qui présente la TVA sociale comme ne créant pas d’inflation, mais la mettant en oeuvre en octobre seulement pour créer un surcroît de consommation d’ici là, et ne voyant pas là de contradiction. Un Sarkozy considérant que le plus important, c’est la décision, et pas l’action : remarquable résumé de 5 ans d’agitation et d’inaction. Bref, l’impression d’assister à un hara-kiri en direct, la dimension honorable en moins.

Quant à Fillon, égal à lui-même : survivant du 19ème siècle, notaire balzacien au ton compassé, défendant son bilan sans grande conviction, et s’enfermant dans un débat d’expert avec Martine Aubry. Laquelle l’a mis sérieusement en difficulté avec sa dernière question sur les discours de Dakar et de Grenoble, en l’obligeant à se solidariser de la position réactionnaire de Sarkozy. Bref, Fillon n’est que la courroie de transmission de la faillite sarkozyste, et sa présence à la télévision n’aura rien amené à Sarkozy.

Un camp conservateur en plein désarroi autour de son roi nu, un leader progressiste qui se montre aujourd’hui pleinement prêt à assumer la plus haute charge de la République : la peur a changé de camp, et à gauche, l’espoir fait maintenant place à la confiance et à la détermination. Le mois de mai 2012 s’annonce radieux pour la France.

  1. Laurent Delahousse avait même un exemplaire du « Georges Mandel » de Sarkozy à portée de main : a-t-il demandé sa dédicace à la fin ? []

François Hollande, candidat du PS aux présidentielles de 2012

lundi 17 octobre 2011

François Hollande le 13 octobre 2011 (Sébastien Calvet / Libération)

Alors ça y est. Après des mois de débats, de suspens, de chausses-trappes, de petites phrases de part et d’autre, le peuple de gauche a choisi le candidat socialiste aux présidentielles de 2012 : François Hollande.

Une victoire nette et large : près de 57% en fin de soirée ce 16 octobre. Ce résultat donne une ample légitimité à François Hollande pour cette élection à venir. La droite va peiner à trouver un angle d’attaque, et toutes ses conférences pour démolir le projet socialiste ne suffiront pas à faire refluer la vague du changement à gauche impulsée par ces primaires.

Même si la fin de campagne a été émaillée de formules inutilement agressives, il faut saluer le discours impeccable de Martine Aubry : dignité, rassemblement, soutien franc et entier au candidat victorieux, Martine Aubry a fait un remarquable discours pour reconnaître le résultat de ces primaires. Jugez plutôt :

http://www.dailymotion.com/video/xlqbg4

Cette victoire de François Hollande vient de loin : près de 3 ans de préparation entre son départ de la tête du PS et sa victoire aujourd’hui. Et cet homme, que l’on disait fini au lendemain du congrès de Reims, a su montrer sa détermination à devenir notre candidat. Pour l’avoir rejoint en mars, alors que la bulle DSK continuait de faire la une des médias, j’ai pu mesurer combien peu nombreux étaient alors ceux qui pariaient sur sa victoire. Il faut savoir gré à ces femmes et ces hommes qui ont continué de le soutenir dans sa traversée du désert, convaincus de sa force et de son talent, et qui lui ont permis d’en arriver à être notre candidat aujourd’hui.

Terminons ces rapides pensées avec l’intervention de François Hollande de ce soir : inlassablement, rappeler ses engagements et ses priorités, avoir une ligne et n’en pas dévier. Là réside la clé de sa victoire.

http://www.dailymotion.com/video/xlqc70

François ou Martine : l’heure du choix

vendredi 14 octobre 2011

Le premier tour de la primaire citoyenne a confirmé les sondages sur un point : les 2 candidats arrivés en tête. Il nous reste donc à les départager pour décider de celui (ou celle) qui sera notre candidat(e)1. à la présidence de la République.

La seule question qui vaille aujourd’hui est de savoir qui peut le mieux gagner. Le premier tour a permis de départager sur les idées (ou plutôt les divergences d’interprétation du projet), le second doit désigner un candidat.

Pour gagner, notre candidat devra donc passer le premier tour, et rassembler au second tour pour être en tête.

Le premier tour

Passer le premier tour nécessite d’avoir une capacité à rassembler sur son nom propre. Sur ce critère, c’est indubitablement François Hollande qui gagne : il est arrivé très largement en tête, avec près de 40% au premier tour, dans une élection où 6 candidats se présentaient, et en obtenant un écart de près de 9 points avec la deuxième. Ceux qui connaissent un peu le PS ne seront pas surpris : François Hollande ne s’est pas maintenu 11 ans à la tête du PS uniquement par des alliances et des synthèses : il y avait à la base une large adhésion à sa personne.

Mais il faut également prendre en compte le profil des électeurs du premier tour. En effet, des électeurs Front de Gauche et EELV sont venus voter. Il semble que nombre d’entre eux aient voté Montebourg ou Aubry. Cela pose un problème : ces électeurs-là ne voteront pas PS au premier tour. Ils viennent choisir un candidat du second tour. Ils ne réalisent pas qu’ils font courir le risque d’un nouveau 21 avril où le candidat socialiste ne serait pas au second tour, faute d’avoir recueilli suffisamment de voix au premier. Autant dire que leur vote en faveur de Martine Aubry (tel Denis Baupin, qui annonce qu’il votera Aubry au second tour de la primaire mais votera Joly au premier tour des présidentielles) peut amener en tête une candidate qui serait battue dès le premier tour.

Enfin, la question de la motivation est centrale : c’est ce qui donne l’image d’un futur président, la stature. Là encore, Martine Aubry n’est pas crédible : candidate de remplacement de DSK, comme ce dernier l’a reconnu, elle est parti tard et n’a pas montré depuis suffisamment longtemps une volonté de devenir présidente. Au contraire de François Hollande, qui a fait une traversée du désert, suivi une cure d’amaigrissement, développé son propre programme, et s’était lancé alors que DSK était présenté comme l’archi-favori des sondages.

Le second tour

Une fois passé le premier tour, il faudra réussir le second. Là, le seul critère qui vaille est la capacité à battre la droite. Et là, l’histoire plaide largement en faveur de François Hollande. Jugez plutôt.

François Hollande : député de Corrèze dans une circonscription qu’il a reprise à la droite et qu’il a conservée en 2002 malgré le déplacement de Raffarin et Bernadette Chirac pour le battre ; maire de Tulle qu’il a reprise à la droite ; président du Conseil Général de Corrèze qu’il a repris à la droite ; victoire aux élections européennes de 1999 ; victoire aux élections régionales de 2004, après une nette progression aux élections régionales précédentes ; victoires aux municipales en 2008.

Martine Aubry : députée en 1997, elle laisse son siège après quelques jours pour devenir ministre ; maire de Lille  en 2001, elle succède à Pierre Mauroy (PS) ; battue par un UMP aux législatives de 2002 dans une circonscription de gauche réputée imprenable par la droite ; défaite aux européennes en 2009 ; une région de gagnée aux régionales de 2009.

Faut-il vraiment continuer ?

Quoi que l’on pense d’elle, Martine Aubry n’a pas l’expérience d’une campagne victorieuse où elle aurait chassé la droite. François Hollande le fait depuis plus de 20 ans.

Pour toutes ces raisons, le seul choix réaliste pour la victoire de 2012, c’est François.

  1. Dans la suite du billet, je parlerai de « notre candidat » sans « (e) » à la fin, pour simplifier []

Premier débat des primaires : pour moi, c’est François

mercredi 21 septembre 2011

Les candidats aux primaires citoyennes au premier débat

Jeudi 15 septembre, c’était le premier débat des primaires « citoyennes »1. Bien évidemment, tous ceux qui avaient déjà un candidat ont trouvé que leur candidat était le meilleur. Je ne ferai pas une entorse à cette règle : j’ai trouvé François Hollande très bon.

Des réponses claires sur les questions difficiles

Les sujets sur lesquels il était attendu étaient la création de postes dans l’Education Nationale et le nucléaire. Dans les deux cas, il a répondu clairement sur ces sujets. Pour les créations de postes dans l’enseignement, il a bien rappelé la place centrale de l’enseignement, et l’état de délabrement dans lequel il se trouve après les coupes budgétaires de Sarkozy. Mieux encore : il a choisi d’être interrogé sur le nucléaire, un point faible, afin de pouvoir exposer en toute transparence ses propositions.

Une autorité incontestable

Mais au-delà de ses réponses aux questions, c’est par son attitude et son refus de s’abaisser à dézinguer les autres candidats qu’il a montré sa stature. Un air sérieux, parfois austère, en étant capable de se détendre vers la fin. Et il a pris l’ascendant sur les autres candidats, particulièrement quand il a lui-même obligé les autres, particulièrement Martine Aubry, à se positionner par rapport à ses propres engagements sur le nucléaire : alors que David Pujadas laissait Martine Aubry se perdre dans ses explications, François Hollande a lui-même posé la question que Pujadas aurait dû poser.  Il s’est à ce moment imposé comme étant celui au centre du débat. Accessoirement, il a réussi un beau coup tactique en forçant Martine Aubry à consommer tout son temps de parole, ne pouvant répondre à une question sur le cannabis puis à la question sur DSK.

Bref, François Hollande s’est placé sur un autre terrain que celui de ses concurrents : le terrain de futur président, dont il montre qu’il en a carrure et l’autorité.

  1. On parle de primaires citoyennes et pas de primaires socialistes : Jean-Michel Baylet représente le Parti Radical de Gauche. []

La Rochelle 2011 : encore un bon cru

samedi 10 septembre 2011
UEPS 2011 : on a pensé le changement

UEPS 2011 : on a pensé le changement

Comme chaque année depuis que je me suis engagé au PS, j’ai participé à l’université d’été du PS. Il n’aura échappé à personne que le contexte médiatique et politique était sensiblement différent cette année : des primaires sont en vue, et les journalistes ont glosé à l’envi sur le bal des égos. Il faut bien que journalisme se fasse !

N’ayant pas le privilège (ou la charge, c’est selon) de faire partie des « proches de » quelque ponte que ce soit, et n’étant pas intéressé par les manœuvres d’appareil ou le recueil des ragots de couloirs, j’ai fait comme les années précédentes : j’ai participé aux ateliers. Et cette année encore, la richesse des thèmes abordée était passionnante.

Premier atelier, déception : l’atelier sur les nouveaux clivages a tourné à la séance de dénigrement du travail de Terra Nova en l’absence de celle-ci. On peut – et on doit ! – critiquer la note de Terra Nova sur la majorité à conquérir pour 2012, il n’en demeure pas moins que le minimum de correction exige de les inviter afin qu’ils puissent argumenter leur position. J’ai donc quitté l’atelier avant la fin.

Deuxième atelier : état de droit, de liberté et de sécurité. Très intéressant. J’ai depuis longtemps la conviction que l’échec de Sarkozy sur la sécurité doit nous conduire à réinvestir ce terrain, sans tenir des propos guerriers, mais au contraire en bi-conceptualisant à la Obama (on replace la question dans une optique plus large et plus orientée à gauche). Les participants ont bien montré la force de la gauche sur ce terrain. Mention spéciale au M. Sécurité du PS, Jean-Jacques Urvoas, dont le verbe porte juste, déconstruit les formules toutes faites de la droite, et frappe fort l’hypocrisie sarkozyste : m’est avis que nous avons notre ministre de l’intérieur pour le prochain quinquennat 😉

Dernier atelier (oui, je n’en ai fait que 3) : les PME. Plein de propositions et de remarques sur les PME. Certains au sein du parti répètent comme un mantra que les PME sont les principales créatrices d’emploi en France : à confirmer. Mais il faut en tout cas leur accorder toute notre attention, pour permettre un renouvellement des entreprises, et cesser d’avoir un quarteron de grosses entreprises vieillissantes qui trustent le haut du pavé. Dans ce débat, mention spéciale à Laurent Blaizac, directeur à Groupama-Banque, pour son exposé clair des problèmes de financement des banques. Et hors concours, Edith Cresson : dans le public de la salle, comme la vraie militante qu’elle est restée, elle est intervenue pour présenter aux intervenants son action en faveur de l’intelligence économique pour les entreprises, de façon claire et convaincante.

Et puis cette année, il y avait les réunions des différents candidats à la primaire. Elles avaient lieu en même temps que la réunion du PSE. J’ai donc dû rater cette réunion pour aller voir François Hollande. Il nous a fallu braver la pluie et être présent dehors 1h avant la réunion pour pouvoir nous serrer comme des sardines dans la salle. Mais cela en valait le coup. Un vrai discours de présidentiable, une ambition claire, le tout dans le respect des personnes, et accompagné de quelques jeux de mots bien trouvés. Plus que jamais, mon choix c’est François.

Premières erreurs pour les primaires

mercredi 10 août 2011

Les primaires citoyennes
Les primaires socialistes sont bien lancées, et elles arrivent à leur phase de pause estivale. C’est le moment de faire un premier bilan d’étape, avant que le mois de septembre ne nous montre l’étendue des dégâts dans la mise en œuvre.

Le rôle du Premier Secrétaire

Martine Aubry se présente donc à la primaire. Au delà de ses qualités et de ses défauts, je considère que c’est une erreur de sa part. En faisant cela, elle agit pour elle, mais pas pour les primaires.

Les primaires ont pour objectif de départager des candidats placés sur un pied d’égalité. Ces candidats doivent montrer leurs différences de styles, leurs priorités, et les propositions qui leur sont propres.

Par définition, le Premier Secrétaire du PS n’est pas un candidat comme les autres : il a placé ses hommes au sein du bureau du PS, lesquels peuvent exercer d’amicales pressions sur les camarades qui voudraient ne pas soutenir ce Premier-Secrétaire-devenu-candidat. D’ailleurs, c’est un reproche qui est déjà fait. Bien au contraire, il devrait se placer comme garant de l’impartialité de l’appareil du parti dans le traitement de tous les candidats, sous l’œil vigilant de la Haute Autorité des Primaires.

Mais surtout, comment peut-il se distinguer de ses concurrents sur les propositions ? Le projet ayant déjà été adopté, le Premier-Secrétaire-devenu-candidat ne peut pas faire une proposition qui en sorte, puisqu’il a présidé à sa réalisation !

Le projet avant la personne ?

Et c’est ce sujet du projet qui est la plus grande leçon pour la plupart des camarades : le projet ne doit pas être élaboré avant le choix du candidat. C’est un non sens dans le cadre d’une primaire, si l’on veut départager des candidats sur leurs propositions et leurs priorités.

Soit on fait le choix de faire passer la réalisation du projet avant la désignation du candidat : dans ce cas, celui qui a présidé à l’élaboration du projet est le plus légitime pour être le candidat (argument de certains aubrystes qui visiblement n’aiment pas la primaire). Soit on fait le choix d’une primaire pour désigner le candidat, et dans ce cas le projet vient après. Romain Pigenel a bien raison de mentionner aux futurs électeurs qu‘ils pourront peser sur le projet, même si ça ne sera qu’à la marge.

Le rôle du Premier Secrétaire devrait donc être de préparer la réflexion en amont du projet, d’organiser les groupes de travail, les synthèses, éventuellement de faire voter les militants sur les grandes orientations, mais surtout pas de faire décider les mesures emblématiques ou les 30 propositions du PS !

Toute la gauche !

Initialement, les primaires devaient être les primaires de toute la gauche. Mais Martine Aubry a géré la négociation avec autres forces de gauche de façon particulièrement stupide : pensant préempter le sujet, elle a annoncé des primaires de toute la gauche avant même d’avoir vérifié que nos « partenaires » étaient d’accord. Ceux-ci se sont légitimement sentis piégés. Résultat des courses : ce sont les primaires du seul PS, avec le PRG qui n’existe guère au niveau national.

Il aurait fallu entreprendre des négociations avec les partenaires de gauche avant de faire l’annonce : il aurait suffi que les Verts ou le PCF nous rejoignent pour commencer à créer une dynamique, et obliger les autres à se positionner sur le rassemblement de la gauche avant le premier tour. Au lieu de cela, l’opération est apparue comme une volonté du PS de jouer l’hégémonie et de bouffer les petits partis.

Donc nous n’avons aujourd’hui que des primaires bancales : un corps électoral potentiellement large, mais une offre politique réduite au seul PS. Est-ce que cela garantira une participation large ?

Le mauvais calendrier

Dernier point : le calendrier. Il est ridiculement court.

Arnaud Montebourg avait proposé un calendrier de 6 mois de campagne, de janvier à juin, avec 4 votes, dont 3 dans une phase éliminatoire. Ca devait sembler trop compliqué, alors le dispositif a été grandement simplifié. Mais surtout, le calendrier a été adapté pour le Messie d’outre-Atlantique dont les fans attendaient le retour.

Du coup, Martine Aubry a lancé sa campagne fin juin, juste avant l’annonce de la nomination de Christine Lagarde au FMI et du remaniement gouvernemental. Ensuite, les vacances. Elle n’aura que septembre pour faire campagne.

A titre de comparaison, les Etats-Unis prennent les primaires beaucoup plus au sérieux. La campagne y commence généralement un an avant le premier vote, et les votes se font état par état, étalés sur 6 mois. Certes, il n’y a plus que 5 mois de campagne qui séparent la fin des primaires de l’élection présidentielle. Mais après avoir fait un an et demi de campagne des primaires, le candidat est plutôt bien préparé !

Alors qu’il ne voulait pas des primaires, François Hollande a bien compris l’enjeu de démarrer sa campagne tôt, lui qui a commencé depuis l’automne 2010. A l’inverse, Martine Aubry, qui a fait adopter ces primaires, n’a démarré que fin juin : au temps pour la préparation !

Et maintenant ?

Indépendamment du résultat de ces primaires, il est manifeste qu’il faudra apporter des ajustements à la procédure pour sa prochaine édition… s’il y en a une !

Le plus délicat sera évidemment l’élargissement à nos partenaires de gauche : il ne dépend pas du seul PS. Si le candidat PS fait un résultat assez fort au premier tour, les petits candidats seront tentés de rejoindre cette primaire en échange de sièges aux législatives, mais bien des barons du PS pousseront à ne pas les accepter pour faire cavalier seuls. A l’inverse, si notre candidat ne fait pas un résultat assez fort, le principe de la primaire pourrait même être remis en cause au sein de notre parti.

Le juge de paix sera donc le vote des Français le 22 avril 2012 !

Commentaire comparé

lundi 20 juin 2011

Les épreuves du baccalauréat sont encore en cours. J’en profite donc pour vous proposer de rédiger un commentaire comparé des deux citations suivantes :

  1. « A la fin de cette année, nous aurons choisi notre candidat à la présidence de la République. Dès cet instant, nous devrons être tous rassemblés, solidaires, unis autour de celle ou de celui qui aura été choisi. Les socialistes et leurs alliés les plus proches dès le premier tour, toute la gauche et au-delà pour le second. Alors, pensons-y dès maintenant: rien à partir d’aujourd’hui ne doit compromettre ce futur rassemblement et chacun à gauche est déjà comptable des petites phrases toujours très médiatiques qui pourraient laisser des traces. »  Appel de quarante-sept députés socialistes à se rassembler derrière Martine Aubry, lancé sur Mediapart le 28 mars 2011, signé notamment par Pierre Cohen, maire de Toulouse.
  2. « Légitimiste, Cohen a signé le 28 mars dernier l’appel des 48 députés qui soutiennent Martine Aubry. Un pari qu’il pourrait payer cher si François Hollande l’emporte. Mais Cohen n’y croit pas : « Il va nous rejouer les années 30 et la petite église sur la colline. Il fait un mauvais début de campagne, ringard et droitier. » Si le Corrézien entre à l’Elysée, pas sûr que Toulouse en tire quelque profit… » Tiré de l’encart « Toulouse : le vrai bilan de Pierre Cohen », publié dans Marianne du 18 au 24 juin 2011.

Vous prendrez soin d’aborder les points suivants :

  1. La cohérence entre des déclarations espacées de trois mois
  2. Le poids historique de la formule « les années 30 » (contexte des nationalismes exacerbés, de la montée des fascismes et du nazisme, qui aboutit à la seconde guerre mondiale)
  3. L’effet sur les militants socialistes qui soutiennent François Hollande
  4. L’effet sur le « futur rassemblement« 
  5. La responsabilité personnelle de Pierre Cohen dans le compte des « petites phrases toujours très médiatiques qui pourraient laisser des traces« 
  6. La découverte du caractère « ringard et droitier » d’un homme avec qui il a co-signé une motion au précédent congrès du PS.

Vous avez jusqu’au 9 octobre 2011.