Castanet : l’agressivité au lieu de l’exemplarité

20 février 2013
Les panneaux de signalisation qui posent question

Les panneaux de signalisation qui posent question

Lors du conseil municipal du 31 janvier, l’opposition, par la voix de Dominique De La Lande, a posé une question orale sur les panneaux de signalisation des commerces. En effet, certains commerçants sont allés expliquer à l’opposition qu’ils ne comprenaient pas que l’adjointe au maire (Nadia Nuffer) vienne récupérer les chèques destinés à l’entreprise qui réalise les panneaux, et qu’ils trouvaient que le prix payé était trop élevé (cf. l’article de La Dépêche dans lequel Patrice Tournon, ancien président de l’ACE, précise son propos). Après des explications un peu longues et confuses de l’adjointe concernée, Arnaud Lafon a indiqué qu’il portait plainte contre Dominique De La Lande pour diffamation sur la partie relative au prix trop élevé.

Je ne suis pas avocat en droit de la presse, mais tous les échos que j’ai pus avoir indiquent que si plainte il y avait, elle irait droit au panier car le procureur estimerait que les faits ne sont pas caractérisés. Mais ce n’est pas la question la plus importante de cette escarmouche.

Ce qui est en jeu ici, c’est l’exemplarité en politique.  Aujourd’hui, le rapport des Français à la politique se caractérise par la méfiance (cf. le dernier baromètre du Cevipof à ce sujet, page 4), et même les conseils municipaux voient leur popularité chuter de 10 points (66% à 56%) en 3 ans (cf. page 13 du même baromètre). Alors dans ce cadre, l’exemplarité est indispensable. Il ne suffit pas de répondre, à ceux qui s’étonnent qu’un élu se fasse l’intermédiaire dans la relation commerciale entre une entreprise et les commerçants, que c’est légal : la réponse est en décalage total par rapport au fond du problème. Il aurait fallu reconnaître l’erreur clairement. Il aurait fallu saisir l’occasion pour purger l’abcès.

Au lieu de cela, Arnaud Lafon a choisi de renforcer le soupçon en annonçant une plainte pour diffamation. Et du coup, l’affaire a été relancée de plus belle par voie de presse (cf. l’interview de Patrice Tournon mentionnée plus haut).

Quand on compare Dominique De La Lande et Castanet en Mouvement, qui portent l’exigence de transparence et d’exemplarité au sein du conseil municipal, et Arnaud Lafon, qui décide d’éliminer le porteur de mauvaises nouvelles, on voit vite qui installe la méfiance et qui s’efforce de la dissiper. Plus que jamais, vivement 2014.

Tugdual Derville, sainte nitouche et dame patronnesse

30 janvier 2013
Tugdual Derville, Christine Boutin et Lionnel Luca, homophobes depuis 1999

Tugdual Derville, Christine Boutin et Lionnel Luca, homophobes depuis 1999

Je n’avais pas envie de reparler de l’ouverture du mariage aux couples de même sexe (le fameux « Mariage pour tous »). J’espérais que depuis le PACS en 1999, l’homophobie était devenue suffisamment honteuse, et ses tenants suffisamment discrédités, pour que cette honte de notre société ne fasse pas les gros titres des journaux. Il n’en a rien été, hélas.

Sous couvert de « promouvoir la protection de la vie humaine et le respect de la dignité de toute personne », l’association Alliance Vita, fondé par Christine Boutin, défend une vision conservatrice et réactionnaire de la famille. Et son délégué général Tugdual Derville s’illustre en la matière depuis 1999 et sa lutte contre le PACS.

Or voici que récemment, invité à la convention sur la famille de l’UMP, T. Derville a prononcé les paroles suivantes1:

Je sais bien que nous marchons sur des œufs, qu’il y a des désirs extrêmement forts derrière ces revendications. Le désir d’être reconnu, car il n’y a pas pire sans doute souffrance que de se sentir rejeté : je parle des personnes concernées par l’homosexualité. Et aussi le désir d’engendrement. C’est très beau et très noble. Mais justement, en démocratie, par rapport à tous nos désirs, il n’y a pas que ce désir là, il n’y a pas que les personnes homosexuelles qui peuvent être concernées par ce désir. Moi, j’accompagne beaucoup de personnes par exemple qui ont des problèmes de handicap mental, et qui souffrent aussi de l’impossibilité pour elles de se marier. Parce que ce n’est pas possible non plus pour elles. Hé bien la démocratie, et nos propres comportements, en démocratie, s’honorent parce que la loi, parfois, régule justement ces désirs. Si les désirs ne sont pas régulés, c’est la loi du plus fort, et c’est le plus faible qui en fait les frais.

Quelques hurlements à ma gauche, disant que T. Derville qualifie les homosexuels de débiles (ce qui est faux). Une molle défense de l’impétrant par un avocat bien catholique donc bien conservateur chez Laurent de Boissieu. Et puis c’est tout : BFM TV et iTélé avaient quand même l’arrivée d’un skipper à couvrir, c’est plus important.

Ce qui est choquant, c’est ce côté dame patronnesse que révèle cette saillie de Tugdual Derville : on veut bien tolérer les homosexuels, mais à la condition qu’ils ne réclament rien, et qu’ils se contentent de ce que les hétérosexuels leur auront défini comme étant mieux pour eux. Les homosexuels ne peuvent pas dire ce qui est bon pour eux. On pourrait presque les mettre sous curatelle (pas la tutelle quand même, ça serait un peu excessif… Encore que !).

Il se trouve que les homosexuels, comme les femmes, sont tout à fait capables de définir ce qui est bon pour eux et pour la société, et qu’ils n’ont pas besoin qu’un bien (mal) pensant comme Tugdual Derville vienne leur expliquer en quoi il sait mieux qu’eux ce qui est bon pour eux, et pour la société. Et c’est justement contre cela qu’ils ont manifesté en décembre et en janvier, c’est justement pour cela qu’ils ont voté François Hollande en 2012.

Si ce récidiviste de l’intolérance qu’est Tugdual Derville avait retenu quelque chose de son opposition au PACS, il n’aurait pas tenu des propos aussi condescendants et méprisants. Il aurait appris des propos forts et humanistes de Roselyne Bachelot en 1999 :

Et pour lever toute ambiguité, je réponds à la question : le pacte de solidarité a-t-il pour origine une revendication portée par des associations homosexuelles ? Et bien oui ! Bien sûr !
Mais qui mieux que des homosexuels pouvaient, à partir de leur expérience de solitude, de rejet, de mépris, faire le diagnostic des difficultés qui rongent notre société ?

Ils et elles ne veulent ni le dégoût des saintes nitouches, ni la commisération des dames patronnesses.

Bâtir un projet où chacun et chacune d’entre nous pourra se retrouver lui, ses enfants, ses parents, à un moment où à l’autre de sa vie, car finalement nous ne reconnaissons ici qu’une communauté, la République.

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  1. Récupérées chez Laurent de Boissieu []

Le mauvais cadeau de Noël d’Arnaud Lafon à Place Publique

30 décembre 2012

A peine un mois avant Noël, Arnaud Lafon a annoncé à Place Publique qu’il ne renouvellerait pas le bail du local que l’association occupait depuis presque un an.

C’est une mesure de représailles. Place Publique a déposé un recours contre une décision de vente votée en conseil municipal, Arnaud Lafon comptait sur l’argent de la vente pour boucler son budget, donc il se venge.

L’explication fournie par M. Lafon est lapidaire : « Quand une association attaque une délibération de la collectivité votée à l’unanimité par le conseil municipal, nous n’avons pas vocation à continuer à l’héberger. » Donc il considère que la municipalité a vocation à héberger des associations qui s’opposent à elle tant qu’elles n’attaquent pas en justice ? C’est évidemment une plaisanterie : l’opposition à une politique ne saurait être que purement incantatoire, elle se traduit, le cas échéant, par des manifestations, des attaques devant les autorités compétentes, y compris les tribunaux. Soit Arnaud Lafon considérait qu’il ne voulait pas que Castanet héberge une association d’opposition, soit il acceptait toutes les conséquences d’héberger Place Publique.

On est dans une basse vengeance, comme un enfant à qui on a cassé son jouet va casser le jouet de l’autre. Mais au-delà, c’est un message adressé à tous les Castanéens : quiconque montrerait par des actes son opposition à une décision d’Arnaud Lafon serait susceptible de mesures de rétorsion de sa part. Que ces mesures puissent être légales ne les rendra jamais morales. Et la politique, c’est avant tout une question de morale et d’exemplarité. Zéro sur ce plan pour Arnaud Lafon.

Mariage pour tous, égalité pour tous

15 décembre 2012
Le mariage pour tous, c'est maintenant

Le mariage pour tous, c'est maintenant

Demain, nous marcherons à Toulouse et dans toute la France pour défendre le mariage pour tous.
Cette réforme est dans la continuité de la lutte historique de la gauche pour le progrès et l’égalité. C’est l’aboutissement logique du PACS, créé en 1999 sous le gouvernement Jospin. Et surtout, c’est un engagement fondamental de la campagne de François Hollande : l’engagement 31.

Dans quel siècle vivent-ils ?

Quand on lit, que l’on voit et que l’on entend les opposants au mariage pour tous, on se demande s’ils ont compris dans quelle société nous vivons aujourd’hui.
Inutile de mentionner l’extrême droite de Civitas : ces gens-là ne peuvent tenir qu’un discours de haine quel que soit le contexte, quel que soit le sujet.

Mentionnons quand même au passage les paravents homosexuels. Frigide Barjot les aime bien, les Dave, Catherine Lara, Hervé Villard qui s’opposent au mariage des homos. Elle trouve qu’ils doivent garder leur subversivité. On ne dira jamais assez combien Dave fait trembler l’ordre établi. La Barjot, qui, en bonne mère exemplaire, aime danser sur scène sans culotte et chanter « Fais-moi l’amour avec deux doigts », doit aussi trouver formidables ces homos qui ont intériorisé la discrimination, tel Xavier Bongibault, parfaitement inconnu jusqu’à sa découverte comme « le gay qui a une association contre le mariage homo », ou bien ce maire du Jurançon qui tient une cave viticole avec son compagnon et à qui la bouteille a tapé trop fort sur le crâne. J’ai connu un gay qui était catholique intégriste, considérant que les hétérosexuels ne devaient avoir des relations qu’en vue de la reproduction, que la femme devait avoir le crâne rasé et porter un voile, que la royauté était une époque bénie, que la République était la gueuse bien qu’elle le payât comme enseignant, et que lui étant homosexuel il pouvait avoir la vie sexuelle qu’il voulait il brûlerait de toutes façons dans les flammes de l’enfer. J’avoue ne l’avoir jamais trouvé très représentatif des homosexuels de France.

A tout seigneur tout honneur : les grandes religions sont évidemment opposées au projet. Les plus visibles sont les catholiques. Et ce sont aussi ceux qui véhiculent le message le plus délirant. Quand l’évêque Barbarin, un prélat considéré comme modéré et social, présente l’ouverture du mariage aux couples homosexuels comme étant la porte ouverte à la polygamie, on mesure combien cette réforme fait perdre tout sens des réalités aux catholiques conservateurs de France. Et combien ces mêmes catholiques ont perdu le lien avec l’évolution des mentalités de notre pays. Ces propos, ainsi que les injures homophobes et l’assimilation à un pédophile, me confortent dans le choix que j’ai fait de quitter la religion et de cesser de croire, et je ne serai pas surpris que les catholiques perdent encore des fidèles par autant d’intolérance.
Ce biais manifestement homophobe du clergé catholique est d’autant plus choquant que l’application de la doctrine de l’Eglise, notamment sociale, ne se traduit jamais par des défilés ou des marches publiques. Ces manifestations sont réservées à la lutte contre les droits accordés aux homosexuels. On mesure là toute la sincérité de l’engagement « social » de l’Eglise de France.

L’intérêt de l’enfant, vraiment ?

Mais l’opposition n’est pas que religieuse ou simplement timbrée. Certains rejettent cette ouverture du mariage et de l’adoption au nom de grands principes. Le principal est évidement la protection des enfants. Ils déclinent ce grand principe en deux principaux arguments.

Premier argument : les enfants grandissant dans des couples homoparentaux souffrent de déséquilibres, notamment par manque de référence à la norme, laquelle st évidemment hétérosexuelle. La formulation la plus délirante de cet argument revient au trop méconnu député Nicolas Dhuicq, de l’UMP, qui a profité du débat sur la sécurité pour dire que les enfants élevés dans des couples de même sexe risquent de devenir des terroristes par manque de réfèrent paternel. Rien de moins. On croit halluciner. J’ignorais que Ben Laden avait grandi dans une famille homoparentale. Et les enfants élevés par deux hommes ne doivent pas manquer de référent paternel ! Cet argument est battu en brèche par les diverses études réalisées sur les enfants élevés dans des couples homosexuels : ils ne souffrent pas plus que les autres. Comme pour les enfants qui grandissent dans des couples hétérosexuels, ce sont les défauts des adultes et de leurs couples qui causent du tort aux enfants : instabilité, divorce, disputes entre conjoints sont nocifs pour les enfants, quel que soit la sexualité des parents.

Deuxième argument : les enfants des couples homosexuels souffrent du regard des autres, notamment à l’école. La réponse est simple : traitons le problème à la racine, en luttant contre l’homophobie des parents et de leurs enfants, plutôt que de refuser l’égalité des droits. Car c’est l’homophobie des adultes qui fait mal, aux parents homosexuels comme à leurs enfants, et c’est elle qui doit être combattue.

En tous temps et en tous lieux…

Au-delà de la protection de l’enfant, un certain nombre d’arguments s’accrochent à l’idée que le mariage entre homme et femme est une constante de toutes les sociétés humaines. La réponse à cette analyse anthropologique de comptoir est magnifiquement apportée par les anthropologues Françoise Héritier et Maurice Godelier, notamment lors de leur audition à l’Assemblée Nationale ce jeudi 13 décembre (voir aussi la superbe intervention de la philosophe Elisabeth Badinter). En résumé : le mariage tel que nous le connaissons n’est certainement pas une réalité universelle ni intemporelle, et des unions homosexuelles existent dans d’autres sociétés que la nôtre. J’ajouterai que d’autre pays ont légalisé les unions homosexuelles, comme le Canada en 2001, et qu’ils se portent bien, merci pour eux.

Une question de justice et d’égalité

Mais au fond, pourquoi changer le fonctionnement de l’institution maritale ?

Premier point : cette institution a été beaucoup modifiée dans les 50 dernières années, en particulier par les réformes successives du divorce qui ont abouti à le faciliter. Le mariage n’est plus cette institution intangible, ce lien indéfectible entre un homme et une femme. Il est aujourd’hui vécu comme une preuve d’amour entre deux êtres, ayant vocation à fonder une famille.

Deuxième point : nos mentalités ont beaucoup changé, que ce soit par rapport aux homosexuels ou à la famille. Ainsi, l’adoption à l’étranger est désormais répandue. De même, l’introduction de la procréation médicalement assistée (PMA) a changé les modalités de la filiation en introduisant un véritable droit à l’enfant : considérer que la société doit pallier les incohérences biologiques de la nature quand il s’agit de procréation, c’est entériner la volonté d’enfant des couples. Enfin, l’homosexualité est aujourd’hui largement acceptée dans nos sociétés occidentales, aidée en cela par les progrès de la science qui, d’étude en étude, ne cesse de conforter l’hypothèse d’une origine biologique de l’homosexualité.

Tous ces changements se combinent avec l’aspiration généralisée à l’autonomie des individus, au respect de leurs choix, et à la reconnaissance de l’égalité, moteur historique de la gauche française.

Mettre fin aux discriminations en matière de mariage, d’adoption et de PMA est donc dans l’ADN de la gauche. Et c’est surtout un progrès historique pour notre pays. Vivement que la loi doit votée !

Congrès PS et UMP : fin de cycle

4 décembre 2012

Le congrès de Toulouse du PS vient à peine de s’achever, et celui de l’UMP n’en finit plus de se terminer.

Au PS, un congrès « normal »

Pour le PS, ce congrès vient clore un cycle qui s’est mal commencé : défaite de Ségolène Royal en 2007, désastreux congrès de Reims avec ses accusations de tricherie et sa synthèse bancale. Mais après cette phase douloureuse, complétée par la spectaculaire défaite des européennes en 2009, le parti s’est ressaisi pour se remettre au travail. Des réformes internes ont été entreprises, validées par les militants un peu trop rapidement pour que tout le monde en saisisse bien les implications. Le travail de fond sur le projet a été entrepris, même si sur certains domaines on peut regretter la faiblesse du travail opéré. Et enfin, cerise sur le gâteau de la rénovation, les primaires citoyennes ont permis un grand élan de mobilisation du peuple de gauche, avec un véritable débat de fond, et la désignation d’un candidat avec une forte légitimité. Tout ce travail a conduit à la belle victoire du 6 mai 2012.

Comme lors des victoires de 1981 et 1997, le PS a fait le choix de l’unité et du rassemblement au sein d’une motion ultra-majoritaire. C’est la conséquence de deux contraintes :

  • Les motions sont des textes d’orientation de politique générale, qui indiquent la politique nationale que le PS portera jusqu’à son prochain congrès.
  • La nécessité de soutenir et défendre l’action de François Hollande et du gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

La conséquence logique de ces deux éléments est la motion dont la ligne est celle que François Hollande a défendue pendant les primaires puis pendant la campagne présidentielle. Les représentants des autres motions ont certes indiqué qu’ils étaient hollandais, mais ils défendaient dans le même temps des orientations et des propositions qui non seulement n’étaient pas dans la ligne que François Hollande a toujours défendue, mais en plus n’avaient pas reçu l’onction du suffrage universel, au contraire du programme présidentiel de François Hollande. Quelle légitimité donc pour ces propositions partisanes face à la légitimité du peuple ?

On peut déplorer que le débat de fond ait été limité par ces deux contraintes. Il me semble que notre parti devrait se poser la question de l’organisation de ses congrès de lendemain de victoire nationale : ne pourrait-on par exemple envisager d’avoir des motions débattant de nos orientations de politique locale, puisque notre parti porte haut et fort son ambition décentralisatrice ?

Un dernier mot pour ce congrès sur Harlem Désir. Les conditions de sa désignation ne sont certes pas les meilleures que l’on pouvait souhaiter. Il n’est pas pour autant le choix par défaut. Parmi les camarades qui ne sont pas au gouvernement, il est assurément le plus compétent, le plus fiable, et le plus respecté par les militants. Il a montré lors des primaires citoyennes sa capacité à assurer l’indépendance du parti et le respect de l’égalité de traitement des candidats. Un autre choix a un temps été envisagé, celui de Jean-Christophe Cambadélis, mais sa candidature n’aurait pas recueilli un vote suffisamment favorable des militants. Harlem Désir était donc le meilleur choix possible pour le PS, et il sera un premier secrétaire fidèle à la majorité présidentielle.

L’UMP est en ruines

Ce constat peut sembler excessif, mais les rebondissements permanents de ces derniers jours montrent que la sérénité est loin de revenir à l’UMP. Jean-François et François n’arrêtent plus de se rencontrer, semblant ignorer que les militants ne peuvent plus les voir. Nathalie et Bruno reviennent sur le devant de la scène en disant qu’un nouveau vote serait une bonne idée. A l’Assemblée Nationale, les UMP et RUMP feront prochainement bancs à part.

Cette situation a une cause importante : la permanence de Nicolas Sarkozy à l’UMP, qui est devenu le retraité le plus actif de la politique tout en siégeant au Conseil Constitutionnel. Parce que l’UMP n’a pas fait son deuil de Sarkozy, parce qu’elle refuse d’ouvrir les yeux sur les raisons de son rejet en 2012, elle s’est lancée dans une course effrénée au « plus sarkozyste que moi tu meurs », en totale déconnexion avec les Français.

Mais Nicolas Sarkozy lui-même est aujourd’hui dépassé : son intervention dans les coulisses a totalement échoué, Copé et Fillon étant aujourd’hui enfermés dans leur logique mortifère et sourds à tout appel à la raison. Preuve qu’aujourd’hui, Sarkozy a lui aussi perdu la main.

Certains font le parallèle avec le congrès de Reims du PS, qui nous avait vus nous entre-déchirer devant toute la France, et en déduisent que l’UMP peut se remettre rapidement, comme le PS l’a fait en emportant toutes les élections depuis 2010. La comparaison est faussée : le PS était dans l’opposition depuis 2002 au plan national, et il avait eu le temps de faire un bilan du jospinisme et de réaliser un travail programmatique. A contrario, l’UMP reste prisonnière du sarkozysme, toute à son culte du grand homme et à sa nostalgie. Elle en oublie le travail de fond, comme en témoigne la victoire de la Droite forte, bien à droite de l’UMP, dont l’ancrage idéologique est aussi fiable que celui de ses deux co-animateurs, l’un venu du FN1 et l’autre de la gauche de l’UMP2.

Aujourd’hui, l’UMP n’a plus ni leader ni programme. Elle ne peut pas gagner les présidentielles de 2017 sur ses propres forces. Elle doit donc parier sur un échec de François Hollande et une division de la gauche. A nous de lui donner tort.

  1. Guillaume Peltier a été membre du FN []
  2. Geoffroy Didier a été membre de la Diagonale, club des sarkozystes de gauche (prière de ne pas rire) []

Législatives dans la 10e circonscription : la réunion à Escalquens

8 juin 2012

Depuis quelques mois, la campagne des législatives se joue en parallèle de la présidentielle. Et depuis presque un mois, elle bat son plein.

J’habite donc la 10e circonscription de la Haute-Garonne. Candidat du PS : Kader Arif. Investi en novembre à la suite d’un gel de la circonscription pour la réserver à la diversité, et Kader étant le seul candidat, les militants n’ont pas eu à voter.

Evidemment, quelques rancœurs, notamment contre la forme, ont conduit à des dissidences. Si l’on excepte l’arrachage d’affiches sur les panneaux officiels, pratique bien évidemment interdite et punissable d’une amende, la campagne s’est jusqu’à présent déroulée dans un climat respectueux de toutes parts. Aucun dissident, ni aucun adversaire de droite ou concurrent de gauche, ni évidemment notre candidat PS ne s’est lancé dans la campagne de boules puantes. Oh certes, on nous rapporte, ici et là, des insinuations sur l’origine de Kader, mais pas de campagne ostensiblement raciste, et à aucun moment sur les marchés nous n’avons entendu d’invectives ou même de sous-entendu inacceptable. Bref, cette campagne est assez respectueuse.

Elle ronronnait un peu. En surface s’entend. La nomination de Kader Arif comme ministre délégué aux anciens combattants a certes poussé la circonscription sous les feux de la rampe, mais sans vraiment susciter un fort intérêt des citoyens. On sent l’essoufflement dans la population. Il faut avouer que la campagne des présidentielles a été rude et longue, précédée par des primaires tout aussi éprouvantes.

Dans ce contexte, réussir à mobiliser pour une réunion publique à Escalquens, dans le gymnase, avec Lionel Jospin, semblait relever de la gageure. Eh bien le défi fut relevé, et brillamment. 600 personnes au bas mot : pour un meeting des législatives, il n’y a guère que les personnalités de tout premier plan qui parviennent à faire mieux (Aubry, Ayrault et autres).

Je passerai rapidement sur la plupart des interventions : le maire Alain Sérieys a fait un accueil chaleureux, la suppléante Emilienne Poumirol a martelé sa conviction et les enjeux de l’élection, Pierre Cohen a soutenu avec force Kader Arif, Martin Malvy a fustigé la dissidence en appelant à l’unité pour François Hollande. Kader Arif a fait un discours qui a insisté sur le sens de sa candidature, rappelant son parcours au sein du PS, et il a détaillé ses propositions pour la circonscription. Pour travailler à sa campagne depuis le début, je commence à les connaître :-)

La grande surprise est venue de Lionel Jospin. Je l’avais vu lors du discours de François Hollande place du Capitole : un peu poussif, et mal à l’aise. Et là, à Escalquens, après un démarrage un peu laborieux, ce discours s’est révélé être dynamique, empreint d’une vision de la politique française et internationale d’une grande acuité, pleine de formules percutantes et de mots d’humour. Lionel Jospin semblait libéré d’un poids, comme vengé par la victoire de François Hollande, et heureux de laisser une filiation politique en la personne de Kader Arif dans le Lauragais dont il fut le député. Bref, la salle a été transportée par un discours qui a vraiment marqué les présents.

Ce bel élan collectif nous le rappelle : ce dimanche, il faut donner une majorité solide et cohérente à François Hollande pour mettre en œuvre son programme de changement. Alors dimanche, votons et faisons voter pour les candidats de la majorité présidentielle !

Et enfin le débat

4 mai 2012

Le débat tant attendu a eu lieu. Ce fameux débat qui devait faire bouger les lignes, révéler que Sarkozy n’avait rien perdu de sa superbe, et démasquer l’inexistence de Hollande. On allait voir ce qu’on allait voir !

Et on a vu. On a vu un président commencer à attaquer nommément son adversaire dès sa présentation. On a vu un candidat sortant sur la défensive, tête rentrée dans les épaules comme une tortue, cherchant l’assentiment des journalistes pour le protéger contre les attaques de son adversaire. On a vu un soi-disant « sauveur de l’Europe » aux abois, recourant à l’invective (« petit calomniateur »), et sombrant dans le crapoteux en sortant une affaire DSK qui se retourna contre lui. On a vu Nicolas Sarkozy rejeter son bilan, ne pas parler de son programme, bref n’être plus qu’une pâle copie d’un prétendant à la magistrature suprême.

On a vu un ancien « Flamby » répondre point par point. On a vu un supposé « nul » maîtrisant ses dossiers, confiant sur ses chiffres, discutant âprement chaque point du bilan du sortant. On a vu un pseudo « indécis » annoncer clairement ses priorités pour établir une République exemplaire. On a vu François Hollande dans l’habit du futur président.

Oh certes, François Hollande n’a pas réussi parfaitement sur tous les points : sur les centres de rétention et le nucléaire, il a été un peu confus. Mais dans l’ensemble, il a montré la pugnacité, la hauteur de vues et la dignité que l’on attend d’un futur président. Il doit être notre futur président.

Ce fut un grand moment pour le militant que je suis : aux côtés d’autres militants et sympathisants, dans les locaux de la fédération PS de la Haute-Garonne, nous avons abondamment twitté pour souligner les formules fortes et les naufrages piteux. Nous avons twitté sous le regard des médias, y compris de la RTBF dont voici le reportage :

Et à la fin de la soirée, nous nous sommes quittés avec un grand sourire sur les lèvres, en attendant de pouvoir laisser éclater notre joie ce dimanche à 20h.

La dynamique du changement

23 avril 2012
François Hollande (source : 20 minutes)

François Hollande (source : 20 minutes)

Le premier tour est tout chaud, pas encore fini de dépouiller, et les premiers résultats sont sans appel : François Hollande a réussi son pari d’impulser une dynamique autour de sa candidature.

Premier enseignement : la dynamique est vraiment à gauche. Près de 45% des électeurs ont choisi de voter à gauche, ce qui est un record historique pour une élection présidentielle. Le second tour devrait donc être favorable à François Hollande. Mais les sondages ne feront pas l’élection, et nous tous militants allons mettre les deux semaines qui viennent à profit pour poursuivre le porte-à-porte et les actions de terrain pour mobiliser encore plus pour le second tour du 6 mai.

Deuxième enseignement : Nicolas Sarkozy est remarquablement désavoué. Jamais président sortant n’était arrivé second en se représentant. Il avait pourtant fait le vide autour de lui, contrairement à Chirac en 2002, et malgré cela il n’atteint pas la première place. 3 Français sur 4 ont voté contre Sarkozy. Quoi d’étonnant : quand même Natacha Polony en arrive à taper sur le programme de Sarkozy qui comporte de nombreuses reprises de son programme de 2007, quand en plus ce programme se limite à 32 propositions dont l’indispensable versement des retraites au premier du mois au lieu du 8, le résultat de ce dimanche 22 avril vient simplement confirmer que les Français ne sont pas dupes de l’essoufflement d’un Sarkozy qui n’a plus de vision pour la France.

Troisième enseignement : l’échec de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité et ses discours et politiques qui ont divisé la France ont dynamisé Marine Le Pen qui réalise le score le plus important du FN aux présidentielles. Il y a certes une partie des électeurs de Marine Le Pen qui l’ont choisie parce qu’ils anticipaient par avance l’échec de Sarkozy, mais c’est plus globalement l’échec de la stratégie de phagocytation du FN par l’UMP qui est révélée par ce score bien trop élevé.

D’autres leçons seront à tirer de ce premier tour. Mais le plus important reste que notre mobilisation à tous est plus que jamais nécessaire. Dimanche 6 mai, François Hollande doit être élu président, pour donner corps au changement et rassembler une France divisée depuis trop longtemps. Le changement, c’est dimanche 6 mai.

Présidentielles : la dernière ligne droite

5 avril 2012

Ainsi donc on nous a vendu le croisement des courbes du premier tour comme étant le signe qu’enfin, la peur changeait de camp. On allait voir ce qu’on allait voir, la remontée de Sarkozy dans les sondages de second tour n’était plus qu’une question de jours, et Hollande allait se retrouver carbonisé. Nous avions eu tort d’être euphoriques.

Nous sommes aujourd’hui à 17 jours du premier tour, même pas trois semaines, et les incantations sarkozystes n’ont pas fait bouger les sondages de second tour. Mais elles ont eu au moins un mérite : celui de remettre en selle ceux d’entre nous qui avaient trop rapidement cru à une victoire facile, assurée, qui s’étaient épanchés dans la presse sur un match plié d’avance.

Aucune élection n’est jouée d’avance, et encore moins l’élection présidentielle que les autres. Beaucoup d’électeurs n’aiment pas qu’on leur présente la victoire de tel ou tel comme déjà acquise. Mais force est de constater que François Hollande est aujourd’hui à un niveau exceptionnel dans les sondages, compte tenu de la présence de 4 autres candidats à gauche (même 5 si on compte l’inexistant Jacques Cheminade) alors que Nicolas Sarkozy n’a que 2 concurrents à droite (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan), et que François Bayrou semble attirer un électorat qui se reportera pour un tiers sur chacun des deux principaux candidats. A quoi est-ce que cela tient ?

Hollande, candidat sérieux

D’abord au remarquable travail entrepris par François Hollande. Passé de Monsieur Petites Blagues au candidat presque trop austère, il a démontré sa volonté farouche d’être notre prochain président. Aux yeux des français, son changement est réel, en accord avec son slogan. Les 60 propositions de son programme sont connues depuis le 26 janvier, les mesures emblématiques ont tout à la fois installé des marqueurs de gauche (60.000 emplois dans l’éducation, 75% pour la tranche supérieure d’impôt des millionnaires) et de crédibilité (déficit à 3% dès 2013, retour à l’équilibre budgétaire d’ici 2017, effectifs de la fonction publique constants), et son message est resté le même depuis qu’il s’est lancé dans les primaires : la jeunesse, la justice fiscale, la production.

Mais ce qui lui donne cette assise et cette confiance, c’est également cet avertissement, pour nous et pour lui-même, qu’il n’a cessé de marteler : autant Nicolas Sarkozy aura été un mauvais président, autant il saurait être un bon candidat. Force est de constater qu’il a eu raison. Et d’avoir su jauger son adversaire très en amont lui aura permis d’ajuster sa stratégie, réussissant même à passer au travers des tueries toulousaines sans être éclipsé par un Nicolas Sarkozy soudain devenu protecteur de la Nation.

« Le changement, c’est tout le temps » (N. Sarkozy)

Car en face de lui, effectivement, Nicolas Sarkozy montre tout ce que l’on peut faire en basant sa campagne uniquement sur des artifices de communication. Le roi n’est hélas pas nu pour tout le monde : il ne peut pas se vanter de son bilan, qui est catastrophique, il n’a pas de projet, et il veut faire croire aux Français qu’il saura quoi faire pour son prochain mandat puisqu’il a commis toutes ses erreurs pendant ce mandat-ci.

Et voici qu’aujourd’hui il ressort son mantra de 2007 : il a changé. Si Nicolas Sarkozy avait vraiment changé, il n’aurait pas besoin de le dire : cela se verrait, cela se saurait. Au contraire de François Hollande, qui n’a eu qu’à attendre que les journalistes lui demandent pourquoi il avait changé et comment il l’avait fait, Nicolas Sarkozy a cru nécessaire de le signaler. La ficelle de communication est grosse, mais elle n’empêchera pas quelques électeurs de droite d’y croire, car ils acceptent de croire aux mensonges, pourvu qu’ils soient de droite. Ils me rappellent ces spectateurs du film « Le Président » : Georges Frêche y est vu racontant une anecdote larmoyante sur son grand-père, qui émeut le public, et quelques instants après, il révèle que cette anecdote est absolument fausse, faisant rire le même public. Oui, décidément, certains électeurs aiment être pris pour des cons, validant l’élégante formule de Frêche.

Là réside toute la différence entre François Hollande et Nicolas Sarkozy : l’un compte sur l’intelligence et l’envie de changement et de progrès, l’autre sur le conservatisme, l’aveuglement et l’oubli. Deux France différentes, deux visions distinctes de notre avenir. Et parce que je veux un avenir meilleur, un avenir plein d’espoir, plus que jamais, je voterai François Hollande aux deux tours.

François Hollande : après l’espoir, la confiance

6 février 2012
François Hollande au meeting du Bourget le 22 janvier (Reuters)

François Hollande au meeting du Bourget le 22 janvier (Reuters)

Le souffle des primaires était retombé. Beaucoup de militants se demandaient si la campagne de François Hollande ne patinait pas un peu. Les bons sondages peinaient à masquer que les sondés ne voyaient pas une stature présidentielle dans la personne de François Hollande. Certes, il avait prévenu qu’il allait s’astreindre à une cure de silence jusqu’à la fin 2011, à cause des comptes de temps de parole du CSA. Mais enfin, beaucoup craignaient une normalisation qui tirait sur la banalisation.

La révélation du Bourget

Et puis le meeting du Bourget. 22 janvier 2012. Annoncé à 13h30. Du monde devant les portes dès 12h30. Nécessité d’ouvrir une deuxième salle pour accueillir 25.000 personnes en tout. Grande sobriété : 4 chansons de Yannick Noah, puis le discours de François Hollande.

Une stature véritablement présidentielle. Un discours indéniablement à gauche. Un discours en trois temps : la conception de la présidence de la République, l’aspect personnel (le fameux « fendre l’armure »), et les propositions avec les engagements.

Le choc fut total : l’adversaire UMP était pris au dépourvu, réduit à commenter la présence de Yannick Noah et à ressortir les critiques stéréotypées. Pardi, personne n’attendait les propositions, qui étaient prévues pour le jeudi ! Et l’UMP escomptait que les voeux aux outre-mers de Sarkozy éclipseraient l’entrée en campagne solennelle de François Hollande. Piètre calcul.

L’inquiétude fut balayée. Quel bonheur de lire l’enthousiasme de tous ceux qui doutaient, leur confiance revenue ! Un ami qui avait soutenu Montebourg me dit même qu’il pensait qu’aucun autre candidat à la primaire n’aurait pu faire un discours aussi remarquable.

L’homme présidentiel

Puis la présentation du projet, et surtout le passage dans « Des paroles et des actes ». On annonçait une boucherie : Hollande pulvérisé par Juppé. On a vu, oui.

D’abord François Hollande montrant toute sa détermination, tout le travail accompli pour être à la hauteur de la rencontre avec les Français, toute la hauteur de vue que l’on attend d’un futur président.

Ensuite, François Hollande impassible face à Alain Juppé. Un Juppé à la peine pour défendre le bilan calamiteux de Sarkozy, un Juppé qui perd ses nerfs quand Hollande le renvoie à son échec face à Merkel, un Juppé revenu à son arrogance. François Hollande, avec calme et détermination, renvoie Juppé à son bilan, expose ses priorités, ses choix, et en arrive à faire dire à Juppé « on verra ce que vous ferez » : la défaite a déjà été intégrée côté Juppé.

Sarkozy qui rame

Face à la révélation Hollande, à ce rouleau-compresseur qui a dominé l’agenda médiatique par sa rigueur, sa préparation, sa stature, Sarkozy a tenté de réagir. En montant lui-même au créneau, puis en envoyant Fillon. Double échec.

L’interview de Sarkozy était pour le moins surréaliste. Dans la « salle des fêtes » (jeu de mots involontaire ?) de l’Elysée, étalant ses riches tentures et ses dorures en pleine période de crise et de chômage endémique, Sarkozy apparut petit et isolé. 4 journalistes, et pas des plus féroces1, pour un président en fin de course, et qui flairant l’odeur de la défaite ont pour certains osé des relances ! Un Sarkozy qui faisait président avant son élection en 2007 et dont aujourd’hui tous les tics sont revenus, comme pour démontrer que l’homme a perdu toute maîtrise de soi, allant même jusqu’à apostropher agressivement ses interviewers. Un Sarkozy qui présente la TVA sociale comme ne créant pas d’inflation, mais la mettant en oeuvre en octobre seulement pour créer un surcroît de consommation d’ici là, et ne voyant pas là de contradiction. Un Sarkozy considérant que le plus important, c’est la décision, et pas l’action : remarquable résumé de 5 ans d’agitation et d’inaction. Bref, l’impression d’assister à un hara-kiri en direct, la dimension honorable en moins.

Quant à Fillon, égal à lui-même : survivant du 19ème siècle, notaire balzacien au ton compassé, défendant son bilan sans grande conviction, et s’enfermant dans un débat d’expert avec Martine Aubry. Laquelle l’a mis sérieusement en difficulté avec sa dernière question sur les discours de Dakar et de Grenoble, en l’obligeant à se solidariser de la position réactionnaire de Sarkozy. Bref, Fillon n’est que la courroie de transmission de la faillite sarkozyste, et sa présence à la télévision n’aura rien amené à Sarkozy.

Un camp conservateur en plein désarroi autour de son roi nu, un leader progressiste qui se montre aujourd’hui pleinement prêt à assumer la plus haute charge de la République : la peur a changé de camp, et à gauche, l’espoir fait maintenant place à la confiance et à la détermination. Le mois de mai 2012 s’annonce radieux pour la France.

  1. Laurent Delahousse avait même un exemplaire du « Georges Mandel » de Sarkozy à portée de main : a-t-il demandé sa dédicace à la fin ? []